Premiers jours au pays des Bouddhistes

Nous voici en train de traverser la campagne birmane.
Il fait lourd, aussi bien dehors que dans le mini van que nous avons loué avec un couple Allemand. 
Nous pensions quitter Mandalay pour Bagan en bateau, mais saison sèche oblige, il n’y a plus d’eau dans le lit de la rivière Irrawaddi.

MANDALAY

Les 2 premiers jours de notre étape birmane ont été un peu mitigés : Mandalay ne nous a pas tellement convaincu avec ses visites touristiques tel que le Palais Royal, alors que l’artisanat y est bien plus intéressant: des batteurs de feuilles d’or aux sculpteurs de Jade, les locaux négocient leurs achats dans les salons de thé d’à côté ou passent commande dans les ateliers.

Il faut préciser qu’à notre arrivée nous avons été surpris par la tenue traditionnelle du pays, le longyi. C’est une sorte de longue jupe, portée par femmes et hommes, et noués au niveau du nombril. Si bien qu’on dirait un peu que tout le monde sort de la douche, serviette encore nouée autour de la taille, et qu’ils sont sortis en oubliant d’enfiler un pantalon…! 😀

Nous faisons une longue balade dans les « faubourgs » de la ville, où tout le monde nous dit bonjour et nous fait de grands sourires. Il ne doit pas y avoir grand monde qui vienne dans ce quartier qui est pourtant celui qui nous a le plus séduit !

La balade se poursuit au monastère du quartier – il y a des monastères à tous les coins de rue presque – où une famille est en pleine séance photo, habillée en tenues traditionnelles. Le père de famille m’explique qu’ils célèbrent le noviciat des enfants. Juste avant les vacances du Nouvel An, les parents peuvent décider d’envoyer leur enfant au monastère afin de devenir moine. Ainsi, la majeure partie des enfants âgés de 8 ans quittent le domicile familial pour 5 jours par semaine pour étudier les préceptes du Bouddha. Chaque personne entrant au monastère a le droit d’arrêter sa formation quand il le veut, mais nous n’arrivons pas tellement à savoir si c’est une honte pour la famille ou si c’est accepté.

En effet, être moine ou nonne pour les femmes, est très contraignant. Pas de possession matérielle, pas d’attachement. Néanmoins nous verrons un peu plus tard qu’il y a beaucoup de moines profitant de la vie au monastère sans en suivre toutes les règles, car certains fument, boivent et possèdent un smartphone. (Ils s’exposent à des sanctions importantes pouvant aller jusqu’à l’exclusion de la communauté.)
Chaque matin, les moines traversent leur ville ou village avec un bol dans les mains pour les donations. Les villageois accourent pour leur donner de la nourriture ou de l’argent, qui servira pour les repas et l’entretien du monastère.

Il fait presque nuit quand on arrivons devant une magnifique stupa dorée, où les gens se retrouvent chaque jour pour prier.

Nous finissons la journée dans un très bon restaurant pour nous initier aux spécialités du pays.

LES ALENTOURS DE MANDALAY

Le lendemain, impossible pour moi de me lever à l’heure pour partir visiter les anciennes villes royales. Insolation de la veille ou indigestion ? Le mystère restera complet. A 10h je prend quand même sur moi pour accompagner Thomas dans les visites, convaincue par un taxi tout confort nécessaire pour rejoindre chaque ville éloignée de 30 min à 1heure de route. Je passe chaque minute du trajet à dormir.

La première ville, Sagaing semble très jolie mais nous la traversons juste pour aller au monastère voir les bouddhas alignés. La chaleur écrasante rend la visite difficile, mais cela reste grandiose.

Innwa, le deuxième stop, est un magnifique village rempli de stupas antiques. Un avant-goût de Bagan ! Nous y croisons là encore beaucoup de cortèges célébrant le noviciat des enfants du village.

Nous finissons le tour avec le célèbre pont U-Bein qui est sur toutes les cartes postales, qui est le pont en bois ( teck ) le plus vieux et le plus long du monde. Nous devions y arriver pour le coucher du soleil mais nous y sommes déjà à 15h donc après un coup à boire, nous reprenons la route pour l’hôtel et passer le reste de l’après-midi à se reposer.

A la découverte des Annapurnas

Jour 1 : Nayapul à Ulleri – 11,87km / 3h de marche / 2h20 de pauses / dénivelé positif : 2300m, négatif: 1400m.

Nous sommes partis pour un trek de 4 jours au bord de la chaîne des Annapurnas, dans l’Himalaya.
Pour les Népalais, Poon Hill (3270m d’altitude) n’est pas une montagne mais une colline. En fait, tout ce qui se trouve en dessous de 5000 m d’altitude est une colline. Donc le Mont Blanc n’est pas une montagne ici ! De quoi avoir l’impression que notre ascension va être facile….

Partis à 10h de Nayapul (1025m d’altitude), nous montons par la route avant d’emprunter un chemin composé de 5000 marches…
Nous nous mettons le petit défi d’arriver à la première étape à 15h au lieu de 15h30, histoire éviter l’orage annoncé.

Des ponts suspendus, des centaines de marches et des litres d’eau plus tard ( bu et transpirés..) nous arrivons à destination à Ulleri (1950m) à  …15h10 ! Pas trop mal !

La vue est complètement couverte, il fait froid et les gouttes tombent 20 min après. Je me plonge alors dans le livre de Maurice Herzog, leader de la première expédition à avoir franchi une montagne de plus 8000m d’altitude, le 3 juin 1950.
Difficile d’imaginer cet exploit : pas de chemin ni de marches à travers la forêt ni dans la neige, pas de maison où dormir, mais des tentes dans les tempêtes… des hommes en milieu hostile, en pleine nature, créant un premier passage. 
Lire ce livre en étant au même endroit et à la même période (leur voyage commence fin mars) à quelque chose d’incroyable, comme si la scène se passait devant moi. Je n’ai qu’à lever les yeux du livre pour contempler le paysage décrit dans ces pages. Comme deux espaces-temps qui se superposeraient. 
Bon c’est vrai, à l’exception près que nous nous arrêtons à la partie forêt, et que nous ne franchirons pas la partie « montagne » de roche et de neige éternelle. Cette partie là, on la découvrira uniquement à travers le livre et ça sera déjà très bien !!!

Jour 2 : Ulleri à Ghorepani / 9km / 2h30 de marche / 2h40 de pauses / dénivelé + : 2672m et – : 1840m.

16h00. Nous voilà regroupés autour du poêle à bois. 8 personnes, 3 groupes de trek différents, arrivés dans ce grand gîte de 200 chambres dans le brouillard de Ghorepani. Nous sommes à 2860m d’altitude.

Il fait très froid, le brouillard se transforme en pluie vers midi puis en orage pour finalement déclencher une tempête de grêle comme on en a rarement vu. Les toits de tôle tremblent, le boucan est impressionnant, tout comme les tas de grêles qui s’entassent sur le sol. Les guides Népalais eux-mêmes sont impressionnés, mais personne n’est vraiment surpris, les prévisions météo n’avaient pas menti. Et nous sommes vraiment contents d’avoir pris la décision de partir plus tôt que prévu ce matin….

….

6h30, le réveil sonne. Un petit déjeuner un peu basique, les sacs rangés, et nous voici sur les escaliers d’Ulleri. Objectif du jour, grimper pendant 4h30 à 800m de dénivelé, jusque Ghorepani, là où se trouve notre gîte du soir.

La rando est plus tranquille qu’hier. Notre guide nous raconte des histoires d’anciens treks, autour du camp de base de l’Annapurna et du Dhaulagiri. Tout cela fait écho à mon livre, c’est une immersion totale dans l’expédition de Maurice Hergoz.

Les escaliers se transforment enfin en chemin de terre, la météo est agréable pour monter, c’est un moment parfait.

Sur la route, nous rencontrons celle que nous rêvons d’adopter : Mozza de son nouveau nom, une bufflonne aux oreilles poilues qui se serait vraiment bien faite à notre petit jardin. Malheureusement nous apprenons qu’à la fin de sa vie, elle finira en MoMo (le choc!). 

Mais finalement son surnom lui va comme un gant, le diminutif de Mozza n’est autre que Momo …

Entre 2 lianes de la rainforest que nous traversons, des ponts et d’autres fermes. Le paysage est superbe.

2540m. Il est 10h, et nous prenons notre déjeuner de midi puisqu’ensuite il n’y aura pas d’autre village avant le gîte.
Les pics des Annapurnas sont toujours cachés dans les nuages, mais pour le moment nous avons une percée du soleil.

Un Daal Bhat délicieux dans le ventre, et nous entamons les 2 dernières heures de marche.
Toutes les montagnes sont recouvertes de rhododendrons aux fleurs rouges, qui auront disparues la semaine prochaine. Ce sont des arbres centenaires noueux entourés de fleurs de jasmin sauvage qui embaument le chemin. Les photos ne rendent pas grand chose car la lumière grise écrase tout, mais le spectacle vaut vraiment le coup.

La montée passe vite, il est midi quand nous passons la porte du village de Ghorepani ! (2900m).
Il fait plus froid maintenant, nous voici dans le nuage.
Encore quelques escaliers pour mener au gîte, que nous n’aurions pas trouvé sans notre guide. Le gîte est là. Juste à temps. 10 minutes après, la pluie commence à tomber..

Apres une bonne sieste, je retrouve donc Thomas avec les 6 autres autour du fameux poêle.
Il est 16h30 quand la grêle finit par se calmer. L’électricité va et vient, les nuages bougent vite et nous guettons tous l’horizon, espérant une éclaircie pour apercevoir les montagnes que nous sommes tous venus voir. Parfois un bout de montagne enneigée se montre, sans pour autant dévoiler de sommet.
La bonne nouvelle, c’est qu’après un si gros orage, il y a de grandes chances que la vue se dégage pour demain matin ! 
Dire que l’une des chaînes de montagnes les plus hautes du monde se cache derrière ces nuages…!! Il n’y a plus qu’a croiser les doigts pour que la météo soit clémente.

Jour 3 : Ghorepani – Poon Hill – Bhaisi Kharka: 15,5 km / 4h30 de marche / 5h de pauses / dénivelé + : 1055m et – : 1360m

Ce matin, le réveil fut difficile. Après une nuit froide et peu de sommeil, le réveil sonne à 4h30 pour monter en haut de la colline avant le lever du soleil. Équipés de nos frontales, c’est avec grand peine pour moi que nous montons les marches et 400m de dénivelé qui mènent à Poon Hill tower. Nous y arrivons à 5h30, à 3270m d’altitude tout de même, devinant déjà la silhouette des célèbres montagnes ! Le spectacle s’annonce magnifique. L’orage de la veille a laissé place à un ciel sans nuage avec beaucoup de chance !

Dès les premières lueurs du jour, les pics apparaissent de plus en plus clairement, d’abord dans une lueur bleue puis des rayons dorés illuminant quelques zones, pour finalement refléter les rayons sur la neige d’une lumière blanche vive.

Nous restons là un bon moment, admirant Dhaulagiri la plus haute (8167m!) ainsi que South Annapurna,(7220m) Tuchuke Peak, … et bien d’autres.

Face à un tel paysage, on est émerveillés. Nous voilà face à certains des plus grands sommets de notre planète. On se sent petits, et on peine à imaginer ces alpinistes de l’extrême qui tentent de grimper ces pics enneigés par de nouveaux chemins. 

La redescente se fait au soleil, tout comme le début de la journée après un petit dej au gîte où nous avions laissé nos affaires.
Mais bientôt, nous remontons un nouveau sommet de « colline », également à 3210m. Un autre point de vue sur les montagnes, et surtout le chemin qui continue sur la crête pendant 1 bonne heure.

Le chemin est vraiment magnifique, traversant la forêt humide, couverte  de grêle et de fleurs de rhododendrons ! 

1000m plus bas, et après un délicieux Spring Roll pour le déjeuner, nous montons pour descendre et ainsi de suite. Le chemin est boueux et glissant, il n’en fallait pas plus à ma cheville pour se tordre dans un craquement pas très agréable. Je me relève malgré tout, nous sommes proches de Tadapani. Mais nous ne pouvons pas nous y arrêter, car notre étape est sensée être Gandruck à 2h30 de là… et un nouvel orage menace. 

Nous avançons lentement et avec prudence tant que mon pied reste chaud, jusqu’au mini village de Bhaisi Kharka (2480m) à 1h30 de notre destination. C’est la bonne décision car 10 min après, le déluge de pluie et de grêle recommence. 
Un groupe passe par là, il se trouve que l’un d’eux, Miguel, est médecin, et m’offre très généreusement un straps pour garder ma cheville immobile, histoire d’avoir une chance de repartir demain.

L’après midi ressemble aux 2 premières, nous regardons les grêlons tomber dans la pièce à manger, là où est le poêle à bois. Ici aussi ça  fonctionne à l’ancienne : on prend la douche au seau, dont l’eau est chauffée avant sur le feu, quand à la théière, elle est posée sur le poêle pour la garder au  chaud.
Les 2 familles qui gèrent les 2 gîtes se retrouvent aussi autour du poêle, et nous voici à écouter des discussions en Népalais. Nous ne sommes pas conviés à la discussion mais qu’importe, écouter les gens parler et rire rend le moment agréable. 

En montant nous coucher, je m’aperçois que le ciel est totalement dégagé. Je n’ai jamais vu les étoiles briller autant,  c’est impressionnant et magnifique. Une petite session photo et je rejoins Thomas pour nous coucher. 

Jour 4 : Bhaisi Kharka – Ghandruk : 6,7km / 1h50 marche / 2h50 de pauses / 538m positif et 1250 m négatif.

La nuit fut glaciale, (environ 6 degrés dans la chambre à 19h, donc bien moins pendant la nuit…) et malgré les deux couettes, nous avons du mal à nous réchauffer. Dès que nous changeons de position, il faut à nouveau réchauffer le côté.

Départ à 7h30 pour la dernière randonnée. Nous sommes censés marcher 6h pour rejoindre Nayapul (1025m), le village de départ. 
Ma cheville ne s’est pas remise, et nous ne faisons que descendre des marches de roche humides. Notre rythme doit avoisiner les 2km/h…!!
Nous voyons toujours un peu les pics enneigés, qui disparaissent à mesure que nous descendons dans les collines vertes. 

Après 7km de marche, en nous nous arrêtons donc à Ghandruk (1920m) pour déjeuner puis prendre une jeep pour nous ramener à Nayapul. Impossible pour moi d’aller plus loin en canard boiteuse..

Le trek prend fin, cela aura été une aventure géniale dont nous nous souviendrons longtemps. 

L’heure est au repos maintenant, avec une soirée à Pokhara avant un retour à Katmandu pour nous envoler vers la Birmanie, avec une chance immense, la vue sur le toit du monde !!

Préparation au trek: Pokhara

Nous nous sommes rendus à l’ouest du pays, dans la ville de Pokhara, à 800m en contrebas des montagnes.

La ville est le départ des treks des Annapurnas, et ce n’est donc pas très étonnant de se retrouver dans un quartier ambiance station de ski.
Je me rend compte que pour chaque grande ville népalaise, un quartier est dédié aux touristes. Thamel pour Kathmandu, Lakeside pour Pokhara… à l’écart de la vie locale.
Ici, vue magnifique sur le lac entouré par les montagnes, la rue est remplie d’hôtels, de restaurants, de boutiques de matériel de trek, de souvenirs. Dommage que l’ensemble ne soit pas plus harmonieux, et que la superbe vue soit pour le tourisme et non pas pour les locaux…

A notre arrivée, il pleut à torrents (littéralement), alors nous décidons de rester tranquille, avec un petit tour du lac. Avec les nuages, le paysage est encore plus joli !

Le lendemain, grande surprise, un grand ciel bleu nous attend, dévoilant enfin quelques sommets des Annapurnas ! On est comme des gamins attendant la neige à Noël, et nous partons en quête d’un point de vue pour en voir plus.

Sarengkot

Un point de vue à 1500m d’altitude au dessus de Pokhara, 3h de rando.
Le bus local nous mène au vieux Pokhara (qui est en fait la vraie ville), que nous traversons pour rejoindre la montée au sommet, sous un soleil de plomb.

Après 30 minutes de marche difficile, je lève le pouce en attendant une moto. Le motard va aussi à Sarengkot. Je ne me fais pas prier, je monte derrière lui, et Thomas tentera sa chance avec le prochain scooter. Une chance qui viendra bien plus tard.. mais qu’importe, nous voici presque au sommet, et en ayant gagné 2h30 sur notre journée ! (Et dire qu’on s’est engagés pour un trek de 4 jours…)

Sur le sentier du sommet, et après “tant” d’efforts, nous nous accordons un déjeuner local, dans une mini guesthouse tenue par une famille Népalaise. La petite de 1 an fait ses premiers pas, sa grand mère tente de la faire avancer vers nous, mais c’est peine perdue. A la place elle me lance un «  taataaa » auquel je répond par la positive, car oui, je suis Tata pour la 3ème fois depuis 3 semaines !!

Une assiette de riz et 20 minutes de montée plus tard, nous voici enfin face aux montagnes enneigées, simplement sublimes. Nous voyons enfin les pics dont nous avons tant rêvé depuis notre arrivée dans le pays !

La descente sur l’autre versant se fera par une cascade d’escaliers en ardoise dans la forêt, survolée par une horde de parapentes et d’aigles empruntant les mêmes courants d’air chaud.

Arrivés au bord du lac, les petits cafés nous font de l’œil, nous craquons littéralement pour un jus de fruits frais et un muffin, étalés dans des coussins face au lac, entourés d’étrangers défoncés qui fument de l’herbe. C’est le quartier des bars avec vue sur le lac, Happy Hour toute la journée, squattés par les étrangers hippies venus au Népal pour le côté “zen”.

Le soleil s’apprête à se cacher derrière la montagne, et nous assistons à la cérémonie Hindoue du feu Aarti, que nous avions manqué à notre arrivée à Varanasi.
La cérémonie, au bord du lac, honore les dieux et – en Inde – le Gange. C’est une cérémonie de purification et de bénédiction baignée d’encens, qui nous replonge dans notre séjour en Inde le temps d’une heure.

Jour 3
Nous prenons un peu plus le temps de vivre ici, et je repars alors en fin de matinée au “café” de la veille pour un cours de Vinyasa Yoga, de ceux qui vous laissent des courbatures. Malin, la veille d’un départ en trek ! (Je crois que Tom a compris ma tentative d’esquive de randonnée…)

La salle de yoga

Le moment se poursuit avec un déjeuner sur place, et on se croit revenus aux Pays-Bas ! Salade verte avec houmous et tomates (ça faisait longtemps !!!) et Néerlandais autour n’y sont pas pour rien… !

Le reste de la journée sera détente et préparation des sacs (à faire le plus léger possible) pour la randonnée.
Nous voici prêts à découvrir les Annapurnas de plus près !

Découverte de la vallée

NAMOBUDDHA
Le projet de l’ONG BRAC que nous avons suivi au Népal nous a mené à Namobuddha, dans l’Est du pays.

Dans le monastère du même nom se trouvaient des dizaines de jeunes moines lisant à voix haute les préceptes du Bouddha, accompagné par un gong immense qui raisonnait jusqu’à l’extérieur du bâtiment !

Ecoutez les moines étudiants chanter !

Le magnifique monastère, planté en haut d’une grande colline, offre une vue sur les montagnes environnantes, de quoi vivre paisiblement. C’est d’ailleurs le nouvel objectif de Thomas, qui se verrait bien emménager ici.

Après 40 minutes de chemin de terre rempli de nids de poule rythmé par les musiques népalaises, dont ce bon vieux “poutoumapoutouuuu poutoumapoutouuuu”  qui doit être le tube népalais à la mode (?!), nous voici en direction de Bhaktapur, l’une des 3 anciennes cités royales avec Kathmandu et Patan.

BHAKTAPUR

Bhaktapur est comme Kathmandu en plus petite, en plus authentique. Un coup de cœur! 

Coup de cœur en particulier pour le quartier des potiers, où l’un des artisans me propose d’essayer le tour.
Je fais un petit pot à partir de l’argile noire qu’il utilise pour montrer ce que j’ai appris à Amsterdam, et il me montre le système de coupe version népalaise, un simple bout de ficelle qui se prend dans la terre et qui permet de ne pas arrêter le tour. Brillant !

PATAN

A Patan, là encore l’endroit est délaissé des touristes. 
Après une après-midi de visites, nous faisons une pause en traînant sur la place royale Durbar Square, là où les locaux passent des heures assis ensemble à discuter, en buvant un thé massala vendu par des marchandes ambulantes.

Après plusieurs minutes, je remarque un étudiant assis sur le bâtiment d’en face, en train de nous dessiner.
Le moment est plutôt drôle, nous restons assis là jusqu’à ce qu’il change de sujet. 
Le résultat est probablement l’un des plus jolis portraits que j’ai de moi ! (Bon Tom ne peut pas en dire autant, il semblerait que le jeune dessinateur ne se soit pas attardé sur lui..)

Des MoMo à emporter en poche, nous rentrons à l’hôtel pour nous coucher tôt, demain matin nous avons 5h de bus dans la montagne pour rejoindre Bandipur. 

(Petite enquête: vous preferez les photos sous format diaporama ou petite image à agrandir ? Donnez votre avis en commentaire pour les prochains articles ! Merci 🙂 )

Le pays du toit du monde

JOUR 19/100 – Kathmandu, Népal.
Un nom qui me fait rêver depuis que je suis petite.

Je me rappelle des heures passées à jouer à “Tintin au Tibet” sur la Nintendo avec ma soeur, dont un niveau à Kathmandu où Tintin doit éviter des poteries qui se balancent, et des vélos dans tous les sens. (Oui je sais, entre Tintin et Aladdin, mes références ont l’air un peu basiques! J’essaierais de vous sortir des références plus intellectuelles la prochaine fois !)

J’imaginais les petites rues remplies de pouss-pouss, les temples bouddhistes à chaque coin de rue, l’architecture typique avec ces toits en triangle et le bois sculpté…

A vrai dire la premiere remarque que nous nous faisons en  nous promenant dans les rues c’est que c’est bien plus propre que l’Inde (il n’y a pas de plastique partout ou beaucoup moins), moins de gens, et 100 fois moins de klaxons !!! Le bonheur pour nos oreilles!
Ca ne fait que 24h que nous avons quitté l’Inde, et pourtant ça me semble déjà loin. Chaque nouvelle journée, bien chargée, remplace la précédente.
La culture Népalaise ressemble tout de même à sa voisine. Le langage est assez similaire, ce petit mouvement de tête horizontal qui signifie “okay” pour eux et qui signifie “non” pour les occidentaux, les bazars où tout se mélange, la cuisine très similaire aussi, bien que moins pimentée.
Finalement, c’est un peu l’Inde, en plus calme, en moins extrême et donc plus reposant.

Arrivés dans le quartier touristique de Thamel, c’est l’équivalent d’être dans une station de ski : les boutiques d’équipement de randonnée côtoient les boutiques de souvenirs, les agences de trek ou les restaurants.
Il faut dire que le Népal est à nouveau à la mode, c’est d’ailleurs le paradis du trekking si on aime les longues randonnées où si l’on veut s’essayer à l’ascension des plus hauts sommets du monde. Et c’est tant mieux tant que le tourisme est bien pensé, de façon durable. Car ça reste une source de revenus importante pour la reconstruction du pays.

On s’éloigne de Thamel pour découvrir les rues comme je m’en faisait l’idée (ou presque) avec les marchés, les petits temples Hindous-Bouddhiques, les  vieilles bâtisses dont beaucoup sont en reconstruction après le tremblement de terre dévastateur de 2015, ainsi que les bazars, comme en Inde, sauf qu’ici personne ne tente de nous vendre le stand entier…!

Nous goutons aussi les Mo:Mo, le snack du Népal. Une sorte de ravioli cuit vapeur aux légumes.
Et un délice pour moi, le Sikarni: un yaourt avec de la cannelle et noix de cajou broyées. Miam !
Cependant nous découvrirons plus tard que les Népalais ne mangent que des Dal Bhat midi et soir, ces plateaux composés d’une portion de riz, une petite salade d’épinards, une soupe de lentilles, et un chili de pommes de terre. Ils ne s’en lassent pas.
Pour nous, le riz commence un peu à être de trop…

Les délicieux Mo:Mo !

HOLI, Color your life

Holi est la fête des couleurs qui célèbre le Printemps. Au Népal, c’est un jour plus tôt qu’en Inde (personne ne sait pourquoi…) mais le principe est le même : on se réunit en famille, on fait une bataille de poudres colorées suivie de jets de ballons d’eau (histoire que les poudres s’imprègnent bien!!), on danse et c’est la fête !

Logés chez Rabina, une sorte de maison d’hôtes en dehors du quartier touristique de Thamel, nous avons pu profiter de la fête dans sa version familiale, qui nous intéressait bien plus que la version touristique (se regrouper entre étrangers dans un jardin privé en dansant sur de l’électro).

Dès le lever, Rabina nous colore le visage, puis sa fille de 6 ans nous charge d’une mission : nouer les ballons remplis d’eau, ses munitions pour la journée..! 
Nous y faisons la connaissance d’Hanna, une néerlandaise très chouette qui vit à Eindhoven, et qui voyage également plusieurs mois en Asie, seule. 

Nous partons célébrer le Printemps dans les rues de la capitale avec les autres résidents de la maison, et sur le chemin nous voilà attaqués de toutes parts: les passants nous étalent généreusement de la poudre sur le visage et les cheveux, des “Happy Holi” fusent dans tous les sens, tandis que des seaux d’eau sont balancés depuis les toits ! Ces petits futés… Hors de portée, nous ne pouvons riposter, et nous acceptons notre sort avec plaisir. (Surtout Thomas qui arrive à passer entre les gouttes, et qui est tellement grand que les gamins n’atteignent pas son visage pour le colorer…!!)

Des centaines de gens sont regroupés sur la place royale, où ça bouge beaucoup. La journée continuera comme ça jusqu’au milieu d’après-midi, nous arrêtant parfois là où quelques personnes dansent sur des musiques traditionnelles Népalaises, nous faisant à nouveau arroser dès que l’on commence à être secs, Happy Holi et poudres partout ! 

Népalais et étrangers se regroupent sur les places pour célébrer Holi tous ensemble.

Une bonne douche et une allergie du visage plus tard (merci les poudres chimiques…) nous voici dans le salon de Rabina, à danser tous ensemble sur les musiques traditionnelles : https://www.youtube.com/watch?v=YI79Y61uaTg

Un super moment dont nous nous rappellerons longtemps ! 

Bye bye India, Hello Nepal! 

Comprendre l’Inde c’est comme essayer de comprendre pourquoi la vache s’allonge au milieu d’une route au trafic dense alors qu’il y a de l’herbe à côté.

Tout est dit, citation que l’on doit à Thomas ! J’avais écris tout un post sur le bilan de l’Inde, mais je crois que son explication résume à elle seule le pays !
Il est tellement complexe, que c’est difficile de décrire ce qu’on a vécu, de résumer, ou d’en donner une image complète.

Les odeurs d’épices, d’encens, d’égouts et de pots d’échappement mélangés. Les couleurs des saris, les murs décrépis, les vaches sur les routes, les chameaux, cochons et les singes. la quantité de déchets dans les rues et la beauté des monuments mogholes. La pauvreté qui côtoie la richesse. Les paneers masala et les garlic naans. La mixité des gens et des religions. Les bazars qui vendent de tout. La circulation folle comme nulle part ailleurs. Les temples magnifiquement sculptés à côté de bidonvilles. Les locaux qui expliquent leur système, les castes, les religions qui  vivent ensemble, le système politique, les gourous adulés.
Chaque minute en Inde est une expérience en soi. C’est un fourmillement, un bazar incroyable, plein de contradictions.
En 18 jours, nous avons eu peu de temps pour se poser et pour “digérer” ce flot d’informations.
Il y a 1000 choses à raconter. Outre les visites touristiques, il y a aussi les discussions avec Suman sur la non-violence, les familles défavorisées qui voient naitre un espoir pour leurs enfants, la prise de pouvoir pour les femmes dans certaines communautés, les rencontres avec ceux qui dirigent les projets, la pollution et le regard des Indiens face au problème des déchets.

Imaginez tout cela ensemble et vous avez 20% de ce qu’est l’Inde.

C’est pour cela que c’est difficile de dire si j’ai aimé l’Inde ou pas. C’est certain que j’ai adoré ces 3 semaines. L’agenda était serré mais les projets suivis ont donné un vrai but à notre étape Indienne, et ils se sont très bien intégrés à la liste des choses que l’on voulait visiter.

C’est bien aussi que l’on ai commencé par le plus intense, car rentrer à Amsterdam juste après l’Inde aurait été très dur.

Certaines personnes m’ont dit vouloir ne jamais visiter ce pays. C’était aussi le pays qui me stressait le plus, et finalement maintenant je trouve que c’est vraiment une expérience à vivre, et je suis vraiment contente d’avoir pu la vivre.

Nous voici maintenant prêts à prendre l’avion en partance de Varanasi pour Katmandu. C’est un sentiment étrange, on a l’impression que les vacances sont finies et que l’on rentre chez nous. Alors qu’il nous reste 82 jours de découvertes et d’aventures !
Nous embarquons avec du retard, et après 1h de vol dans un coucou de Buddha, nous voici au Népal.

Nous passons sans transition d’un pays à l’autre, mais qu’importe, nous reviendrons visiter l’Inde, Calcutta et Darjeeling ou le sud, il y a encore de quoi être surpris par l’Inde.

La cité sainte de la Mort

En Inde la mort n’est pas tabou. Elle fait partie du “quotidien”, ou du moins bel et bien acceptée comme une étape de la vie.
Dans la religion Hindoue, la réincarnation a une place importante.
Vos actes ont tous un impact sur le cycle de réincarnation et ce que vous deviendrez par la suite.
Suman nous avait dit à Delhi que c’était une évidence que la réincarnation soit réelle. Autrement comment accepter que des enfants naissent aveugles, ou meurent si jeunes de maladie, pendant que d’autres ont une vie si aisée. Il y a une explication spirituelle à pourquoi vous êtes nés comme vous êtes aujourd’hui.
Ce qui amène donc les gens à avoir moins peur de la mort, puisque elle mènera à une nouvelle vie, peut être meilleure si les actions ont été positives.

La cité sainte de la Mort

Varanasi est l’une des plus anciennes cités du monde encore habitées.
C’est ici que le Bouddha a fait son premier discours après l’Illumination.
Elle est traversée par le Gange, ce fleuve gigantesque aux eaux saintes pour les Hindous, aux eaux les plus polluées pour le reste du monde.
Avec une vision occidentale, Varanasi (ou Bénarès) est difficile à comprendre. La ville accueille chaque jour des centaines de fidèles venus se laver dans le Gange, afin de briser le cycle des réincarnations et atteindre directement le Nirvâna. C’est aussi ici que beaucoup d’Hindous viennent mourir, afin d’être incinéré ici et leurs cendres dispersées dans le fleuve sacré.

J’avais un certain stress à l’idée de visiter la ville. En effet, voir et sentir la Mort à travers les crémations publiques et les corps flotter dans le Gange est quelque chose qui me faisait un peu peur.
Et pourtant, c’est moi qui ai ajouté cette étape à notre itinéraire. Je me suis dit que c’était dommage d’être en Inde et de louper une part aussi importante de la culture Indienne. Et puis quand même, ça aurait été dommage de ne pas voir le lever de soleil sur le Gange, l’un des fleuves les plus connus au Monde, un symbole du même acabit que le Taj Mahal.

La première surprise se présente dès notre entrée dans la ville. Elle ressemble  à beaucoup d’autres villes du nord de l’Inde avec son lot de taxis et scooters, ses bazars, ses couleurs, ses odeurs. Rien de moins, rien de plus. 
Je m’attendais à plus de mysticisme dès les premières rues. Comme quoi le stress ne naît que de l’imagination.
Il fait nuit quand nous rejoignons les Ghats du Gange (ces enfilades d’escaliers qui longent le fleuve).

Nous avons loupé les cérémonies rituelles du soir, mais les cloches sonnent néanmoins en continu. Certains se baignent, et la rive est remplie de touristes et de fidèles. Il fait bon, et ici on échappe un peu aux odeurs de pots d’échappement. Ça sent l’encens que les Sadhus (les Sages Hindous) brûlent au bord de leurs tentes, et on se croirait presque sur n’importe quel quai de fleuve de France. (Presque).

Le lendemain, je suis levée à 5h30 pour assister aux ablutions et aux offrandes du matin, pendant que Thomas reste tranquille dans le lit.
La lumière de l’aube est belle, ce qui donne plus de spiritualité à l’endroit que la veille.

Je me balade, je fais quelques photos, je me pose et observe les gens suivre leur rituel du bain dans le fleuve sacré.

Des Sadhus prennent la pose devant l’objectif de visiteurs, et d’autres se prennent carrément en selfie. Vu d’ici, ils ressemblent plus à une communauté hippie avec une communication bien rodée qu’à de vrais Sages… mais ne généralisons pas, il y a toujours des gens pour se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas vraiment.

Le moment est agréable, et je reste là à contempler tout ça pendant plus d’une heure.

Les baignades se font un peu plus rares, les saris sèchent au soleil.
Je retrouve Thomas pour un petit déjeuner, et nous repartons ensemble nous balader dans les petites rues de la ville.

Nous croisons quelques marches funéraires, où la personne décédée est enveloppée dans des tissus – à l’exception de son visage – et recouverte de fleurs, portée à travers les rues étroites par un groupe d’hommes chantant.
Nous pouvions assister à une crémation – qui sont accessibles également aux non Hindous – mais je me suis dit que cette expérience était suffisante pour moi.
Nous nous en tenons donc aux jolies petites rues et aux Lassi !

La dernière étape de l’Inde aura été un peu spéciale, mais nous sommes contents d’être allés jusque Varanasi, et d’avoir pu nous faire notre propre idée de cette cité particulière.

“On est large !”

Mes petits parents vous n’allez pas le croire, ce matin nous avons pris le train de Delhi à Lucknow. Départ prévu à 6h10. On était sur le quai à 5h20. 
Si si, je vous jure, j’ai même pris une photo pour le prouver !

(On avait la fâcheuse habitude avec ma soeur d’arriver à l’arrêt de bus ou de train pour le lycée à peu près 2 minutes avant le passage du bus ou du train pendant toutes nos études, et on se disait : punaise on est large, on aurait pu dormir 1 minute de plus (true story), au grand désespoir de nos parents !)

Ce matin, vous n’imaginez pas combien de fois sur ce quai je me suis dit : punaise j’aurai pu dormir 45 min de plus !!!! 

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(from Google images)

Pour continuer sur les souvenirs d’école, quand j’étais étudiante, on est allés voir une très belle exposition dans un bâtiment désaffecté où de grands écrans présentaient en vidéo des lieux bondés, montrant le va-et-vient des gens, un moment du quotidien extrait et posé là dans un lieu vide.
J’étais vraiment hypnotisée par la vidéo de la gare de Bombay, montrant des trains débordants, un bouillonnement. Je m’étais dit qu’un jour je voudrais voir ça en vrai. 

Imaginez donc comme j’ai saoulé Thomas pour qu’on prenne absolument le train en Inde, qui a fini par céder, parce qu’il est trop gentil. (Oui les niaiseries c’est mignon).

On s’est donc levés à 4h30 du matin.
Delhi n’est pas Mumbai. Ce matin je me suis crue à Paris Gare du Nord.
On repassera donc pour le souvenir de l’étudiante. (Et plutôt à Mumbai donc).
En tout cas, nous ne sommes pas mécontents de quitter Delhi, hier l’atmosphère était juste irrespirable, j’ai cru perdre un poumon. En revenant de plusieurs jours dans la campagne indienne, le retour dans la pollution était frappant.

Nous voici donc dans le train pour Lucknow (Uttar Pradesh, nord-est de l’Inde).
Le train est assez similaire à un TER. Les sièges sont confortables, on a même un plateau pour le petit déjeuner.
Le trajet est long, dure 6h pour 515 km, et on dort, on regarde des séries, on trie les photos. On se coupe un peu du monde en somme, le temps du trajet. Je relève la tête de temps en temps, dehors c’est la campagne, les champs, le plastique aussi, toujours présent. Il fait beau.

Juste avant le stop à Kantur Central, le train traverse les bidonvilles. Le contraste entre l’intérieur et l’extérieur du train est saisissant. Les gamins jouent sur des monts de déchets, les maisons de tôle semblent sur le point de s’effondrer. Dans le train et sur les quais, des gamins jouant sur leur smartphone, (dont un qui s’amuse à cliquer sur pause sur l’écran de Thomas toutes les 3 minutes, alors qu’il tente inlassablement de regarder une série). De beaux habits, des valises toutes rangées, bref une situation comme on la vit en Europe.

Vous allez me dire qu’il m’a fallu 14 jours pour prendre conscience du fossé entre pauvreté et richesse de l’Inde. Non, car on a vu la différence dès le 1er jour, mais là, le train avec ces 2 “univers” superposés rend l’écart plus saisissant. Les enfants dans le train regardent dehors. Tout cela semble normal pour eux. Tout autant pour les adultes. C’est la normalité et 95% des gens te disent qu’il faut faire avec. C’est la complexité de l’Inde.

Néanmoins, il y a ces ONG et entreprises sociales qui travaillent pour tenter de réduire ce fossé, grâce à l’éducation et la formation continue des personnes défavorisées – comme les programmes de Dharma Life et Tara Power que nous allons visiter les deux prochains jours.
C’est un travail de titan pour des groupes locaux, mais ça donne de l’espoir, que le changement est en marche, et que ces programmes ouvrent la voie à de nouvelles initiatives.

“Photographier moins, profiter plus”.

Peut-être vous êtes-vous déjà dit que vous preniez trop de photos pendant vos vacances. 
Vous arrivez dans un nouveau pays, la culture y est différente, tout est incroyable, et la tentation de tout vouloir immortaliser est forte.

C’est une “habitude” qui est assez ancrée pour moi lorsqu’on est en voyage, et notamment pour celui-ci.
Tout est nouveau, c’est la première fois que je viens en Inde, alors tout m’interpelle. Les saris, les bazars, les forts et palais de Maharajas. Les lumières sont belles, et j’ai beaucoup de mal à poser mon appareil.

Je ne peux pas tout capturer en photo. C’est stupide, fatiguant et une fois rentrée, je sais que je ne vais rien faire de (ni jamais regarder)  80% de ces photos. 

Il y a d’abord cette envie de partager avec les proches, parce que ce projet est un rêve qui se réalise, et qu’on a envie de transmettre aussi ce qu’on vit.

Et puis aussi, en tant de photographe, je guette tout le temps la “bonne photo”, un peu par habitude. 
Saisir une belle lumière, capter une situation qui est originale, et en faire une belle photo à accrocher sur les murs. Un peu bêtement, je crois que j’ai aussi parfois “peur” de passer à côté d’une photo qui aurait été magnifique.

Prenant le Taj en photo avec le reflet dans une flaque d’eau

Savoir dire stop n’est pas chose aisée. C’est tellement facile de déclencher. Tellement rapide.
Ca peut être aussi frustrant de voir ce qui pourrait être une belle photo mais de ne pas avoir mon appareil et de louper une opportunité. Et pourtant, ça arrive tous les jours, car malgré tout je n’ai pas mon appareil visé à l’oeil à chaque minute. 

Je ne sais plus quel photographe a dit :” Mes plus belles photos sont celles que je n’ai pas  faites”. 
Tout n’est pas fait pour être immortalisé, et c’est important de s’en rappeler.

Nous partons pour un voyage de 100 jours. J’ai réalisé à Jodhpur, après la visite du fort entourée d’Indiens qui se prenaient en selfie devant chaque mur/porte/ salle, que ça n’avait absolument aucun sens ni d’intérêt. Les gens ne regardent même pas ce qu’ils prennent en photo.
Le geste de déclencher est devenu une obsession pour beaucoup de gens, armés d’un smartphone. C’est facile, rapide, et on supprimera la photo si elle ne plait pas. 

Mais quel est le mal qui se cache derrière cette volonté d’externaliser à ce point sa mémoire ?
Pourquoi vouloir ensuite publier tout cela sur les réseaux sociaux ?

Comme pour tout, la quantité prend le pas sur la qualité, et avoir des photos ne rime plus à grand chose. Le tri devient une corvée, et on se retrouve envahis de giga octets d’images que nous ne regarderons jamais.

A Jodhpur j’ai réalisé que même si je n’en suis pas à me prendre en selfie devant chaque mur en pierre, il est important de me restreindre.
De réfléchir à la raison pour laquelle je déclenche :
– Si j’ai déjà 2 ou 3 fois le même type de vue, pourquoi en refaire une autre ?
– Est-ce que je déclenche parce que la scène est nouvelle pour moi, ou parce que la scène me plait vraiment ?
– Est-ce que le moment photographié est un moment dont je veux me souvenir longtemps ? (Et donc qui a une importance pour moi)?
– Et enfin, si le but est de capter une belle lumière ou un sujet original, est-ce que la photo aura vraiment un intérêt pour moi ensuite ?

Par exemple, avant de partir pour l’Inde, j’avais regardé beaucoup de photos, notamment de Varanasi. Des clichés tous plus beaux les uns que les autres des fidèles se baignant dans le Gange, des Sadhus dans des postures de méditation… Ne le cachons pas, bon nombre de gens se disent “j’aurai aimé pouvoir prendre cette photo”. (Ou du moins les gens qui font de la photo, amateur ou professionnel). C’est notamment le but des applis comme Instagram.
Et j’avais aussi envie de faire des photos exceptionnelles de Varanasi, ramener quelques portraits poignants, des paysages à couper le souffle.

Ca, c’était avant de partir. 

Peut-être est-ce grâce aux projets que l’on suit ici, qui m’ont donné la possibilité de photographier les gens avec l’objectif de raconter leur histoire, mais je me suis rendue compte que cette idée de vouloir ramener une belle photo d’un sadhu ou autre est un peu bête.
Parce que ça serait soit une photo volée, soit une photo posée, avec juste comme objectif d’avoir une “belle” photo, mais vide de sens. 

Et puis le matin des prières et de la baignade dans le Gange, je me suis rendue encore plus compte de la stupidité. Tellement de touristes sont là avec leur téléobjectif, photographiant un homme en train de prier, déclenchant puis partant la seconde d’après… Ces photos ont été faites des millions de fois. Pourquoi photographier de la sorte ? Nous ne sommes pas des aventuriers qui devons absolument documenter et témoigner de ce qu’il se passe de l’autre côté du globe.
Rien de magique n’en sortira car le moment n’était pas magique, il était mécanique. Il est parfois même proposé par le sujet lui-même, comme ce Sadhu qui se met en scène pour que le photographe ait une bonne photo.

Donc j’ai décidé de ne faire des photos qu’après avoir regardé vraiment une scène, et quand je me suis dit “Waouh, c’est sublime”. Je n’ai pas tout le temps réussi à capter la beauté du moment, mes photos ne sont pas exceptionnelles, mais au moins ces photos ont un sens et me plaisent, et c’est ça qui m’importe.

En bref, photographier moins, profiter plus, et revenir de ces 100 jours avec une bibliothèque photo qui ne soit pas trop immense.
Un challenge à relever !

Udaipur

YOGA
Après le cours de cuisine, et comme ce séjour à Udaipur n’a rien de commun avec les autres villes visitées, j’ai réussi à convaincre Thomas pour un 1er cours de yoga ! 

Bon je dois dire que j’ai réussi à le convaincre grâce au couple anglais que l’on a rencontré au cours de cuisine, Chris et Nathalie. Ils ont soumis l’idée, c’était l’occasion rêvée : une initiation pour les mecs, au pire si ça ne leur plait pas, ils pourraient toujours se mettre en retrait et discuter ensemble jusqu’à la fin du cours. 
Le Lendemain à 8h30, nous voici sur la petite terrasse d’un temple hindou, avec vue sur le lac, et une superbe lumière de début de journée. Tous les éléments sont présents pour faire le plein d’energies positives et commencer la journée en forme!
Finalement Chris s’est désisté, préférant son lit à la Salutation au Soleil… le lâcheur! Thomas se retrouve avec 3 nanas, à tenter de travailler sa souplesse pendant plus d’1 heure. Bon il s’en sera très bien sorti, contrairement à moi qui me retrouve un peu rouillée après 6 mois sans pratique…

On repart du cours, moi gonflée à bloc avec l’objectif de faire une séance de yoga et de méditation chaque matin pendant notre voyage, histoire d’avoir une petite routine et de muscler mon dos. Thomas lui, repart avec l’objectif opposé : une fois était bien suffisant. Monsieur n’a pas besoin d’apprendre à méditer, il est déjà zen tout le temps. Bon j’avoue qu’il est mon petit exemple de la zen attitude et du self control ;-). Un sadhu à l’occidentale ! 

LE BAZAR
Udaïpur est plus propre que les autres villes visitées jusqu’à présent. C’est plus agréable et nous entamons une longue marche de 3h dans le quartier des bazars, entre klaxons de scooters incessants (attention aux pieds), soleil qui tape, poussière, pots d’échappement (nos poumons en ont pris pour 20 ans)….
Chaque rue a une thématique : la rue des babioles électroniques / la rue des légumes / la rue de la confection de paniers / puis la rue des vêtements / la rue des chips (si si) / la rue des épices / la rue des babouches indiennes / et j’en oublie.

L’ARCHITECTURE
Sur la route pour Udaipur et en plein milieu des montagnes du sud du Rajasthan, nous avons fait un arrêt dans les somptueux temples Jaïns de Ranakpur dédié à Adinatha, tous en marbre blanc sculpté datant de 1437.

D’après l’audio-guide, l’un des piliers ne serait pas droit afin de casser la perfection du lieu et ainsi donner un aspect plus modeste. Telle une chasse au trésor, nous avons cherché ce pilier avec rigueur, mais on s’est vite arrêté:  il s’avère qu’aucun n’est droit ! Mauvaise traduction de l’audioguide ou architecture à la néerlandaise qui a bougé à travers les siècles, on ne saurait dire, mais ça nous a fait bien rire.

La religion des Jaïns est issue de l’Hindouisme. Les Jaïns sont détachés des possessions matérielles, et n’ont pas d’attentes, à l’exception de l’atteinte du Nirvana. Paradoxalement, c’est la religion la plus riche d’Inde, et de nombreux temples fleurissent dans la région.

Dans un style architectural très différent mais tout aussi splendide, il y a le City Palace au coeur d’Udaipur, sur la rive du lac Pichola.

Agrandi et modifié au fil des siècles et des Maharanas, c’est le plus vaste du Rajasthan. Aménagé au début comme une forteresse pour ne pas être attaqué, les couloirs sont étroits et les pas de portes bas, forçant l’ennemi à devoir passer la tête la première et être donc un cible. 

Pour une fois, être petite me sert parfaitement, tandis que je répète inlassablement à Tom de baisser la tête, vu qu’il s’est déjà pris 2 pas de porte les jours précédents…! 

Les cours, les jardins et les salles ornées de gravures, de faÏence de Delft (impression d’être à la maison!) et de peintures de miniatures agrandies font du palais un lieu vraiment splendide et paisible. Le lieu, en écoutant un Rama zen, est parfait pour méditer.

Je passe un moment dans l’exposition de photographies du début du 19e siècle, montrant la vie locale et agricole, les festivités royales, et des portraits du Maharana qui régnait à l’époque sur la région du Mewar. Si vous vous demandez à quoi ça devait ressembler il y a 150 ans, regardez les photos actuelles des Indiens en zone rurale,  enlevez les smartphones, remplacez les scooters par des chameaux et les camions par des éléphants. A ceci près, rien n’a changé. 

LA GOLDEN HOUR

16H30, c’est l’heure de ma nouvelle addiction, le Chai masala, qui remplace mes 4 tasses de thé quotidiennes. 
Armés de 2 gobelets et d’une tarte crumble aux pommes, on se pose au bord de l’eau pendant la fameuse Golden Hour, qui rend tout magique. Un gamin fait des aller-retours pour remplir des sachets d’eau et abreuver la colonie de pigeons, les Indiennes font 30000 selfies avec leur jolis saris (non les 4 “0” n’est pas une erreur de frappe), un petit groupe joue du sitar et vend des bijoux exposés sur un tapis en espérant récolter un peu d’argent, des gens discutent sur les marches, et nous on regarde tout ce petit monde vivre ensemble, attendant de voir à quel moment les pigeons vont faire leur tour de vol histoire de digérer leurs graines.

Magique je vous dis.

LA CULTURE RAJASTHANI

Le soir nous assistons à un spectacle de danse folk du Rajasthan en plein air dans la cour du Bagore Ki Haveli. Musique traditionnelle dont on tombe facilement amoureux avec le sitar, l’accordéon indien et les percussions. On admire les costumes colorés et dorés, les démonstrations de marionettes, les danses un poil basiques (mettez moi un sari et je vous fait une démo), on se marre bien et c’est super joli.

Bref vous l’aurez compris, Udaipur aura été une étape vraiment agréable, avec des activités plus diversifiées que les journées visites des palaces de Maharajas. 

Ce qui nous fait réfléchir au rythme que nous devons prendre pendant ce voyage. Ces 2 premieres semaines ont été fatigantes, alternant à un rythme éfréné projets et grosses journées de visites touristiques.
Nous réalisons que pour les prochains pays, nous préférons rester plus longtemps au même endroit et prendre le temps, avec comme ligne directrice de joindre des éco-villages.

Ca ne sera pas pour tout de suite, demain il nous faut rouler 12h pour rejoindre Delhi, puis l’Uttar Pradesh en train pour les 2 derniers projets de l’Inde.