A la découverte des Annapurnas

Jour 1 : Nayapul à Ulleri – 11,87km / 3h de marche / 2h20 de pauses / dénivelé positif : 2300m, négatif: 1400m.

Nous sommes partis pour un trek de 4 jours au bord de la chaîne des Annapurnas, dans l’Himalaya.
Pour les Népalais, Poon Hill (3270m d’altitude) n’est pas une montagne mais une colline. En fait, tout ce qui se trouve en dessous de 5000 m d’altitude est une colline. Donc le Mont Blanc n’est pas une montagne ici ! De quoi avoir l’impression que notre ascension va être facile….

Partis à 10h de Nayapul (1025m d’altitude), nous montons par la route avant d’emprunter un chemin composé de 5000 marches…
Nous nous mettons le petit défi d’arriver à la première étape à 15h au lieu de 15h30, histoire éviter l’orage annoncé.

Des ponts suspendus, des centaines de marches et des litres d’eau plus tard ( bu et transpirés..) nous arrivons à destination à Ulleri (1950m) à  …15h10 ! Pas trop mal !

La vue est complètement couverte, il fait froid et les gouttes tombent 20 min après. Je me plonge alors dans le livre de Maurice Herzog, leader de la première expédition à avoir franchi une montagne de plus 8000m d’altitude, le 3 juin 1950.
Difficile d’imaginer cet exploit : pas de chemin ni de marches à travers la forêt ni dans la neige, pas de maison où dormir, mais des tentes dans les tempêtes… des hommes en milieu hostile, en pleine nature, créant un premier passage. 
Lire ce livre en étant au même endroit et à la même période (leur voyage commence fin mars) à quelque chose d’incroyable, comme si la scène se passait devant moi. Je n’ai qu’à lever les yeux du livre pour contempler le paysage décrit dans ces pages. Comme deux espaces-temps qui se superposeraient. 
Bon c’est vrai, à l’exception près que nous nous arrêtons à la partie forêt, et que nous ne franchirons pas la partie « montagne » de roche et de neige éternelle. Cette partie là, on la découvrira uniquement à travers le livre et ça sera déjà très bien !!!

Jour 2 : Ulleri à Ghorepani / 9km / 2h30 de marche / 2h40 de pauses / dénivelé + : 2672m et – : 1840m.

16h00. Nous voilà regroupés autour du poêle à bois. 8 personnes, 3 groupes de trek différents, arrivés dans ce grand gîte de 200 chambres dans le brouillard de Ghorepani. Nous sommes à 2860m d’altitude.

Il fait très froid, le brouillard se transforme en pluie vers midi puis en orage pour finalement déclencher une tempête de grêle comme on en a rarement vu. Les toits de tôle tremblent, le boucan est impressionnant, tout comme les tas de grêles qui s’entassent sur le sol. Les guides Népalais eux-mêmes sont impressionnés, mais personne n’est vraiment surpris, les prévisions météo n’avaient pas menti. Et nous sommes vraiment contents d’avoir pris la décision de partir plus tôt que prévu ce matin….

….

6h30, le réveil sonne. Un petit déjeuner un peu basique, les sacs rangés, et nous voici sur les escaliers d’Ulleri. Objectif du jour, grimper pendant 4h30 à 800m de dénivelé, jusque Ghorepani, là où se trouve notre gîte du soir.

La rando est plus tranquille qu’hier. Notre guide nous raconte des histoires d’anciens treks, autour du camp de base de l’Annapurna et du Dhaulagiri. Tout cela fait écho à mon livre, c’est une immersion totale dans l’expédition de Maurice Hergoz.

Les escaliers se transforment enfin en chemin de terre, la météo est agréable pour monter, c’est un moment parfait.

Sur la route, nous rencontrons celle que nous rêvons d’adopter : Mozza de son nouveau nom, une bufflonne aux oreilles poilues qui se serait vraiment bien faite à notre petit jardin. Malheureusement nous apprenons qu’à la fin de sa vie, elle finira en MoMo (le choc!). 

Mais finalement son surnom lui va comme un gant, le diminutif de Mozza n’est autre que Momo …

Entre 2 lianes de la rainforest que nous traversons, des ponts et d’autres fermes. Le paysage est superbe.

2540m. Il est 10h, et nous prenons notre déjeuner de midi puisqu’ensuite il n’y aura pas d’autre village avant le gîte.
Les pics des Annapurnas sont toujours cachés dans les nuages, mais pour le moment nous avons une percée du soleil.

Un Daal Bhat délicieux dans le ventre, et nous entamons les 2 dernières heures de marche.
Toutes les montagnes sont recouvertes de rhododendrons aux fleurs rouges, qui auront disparues la semaine prochaine. Ce sont des arbres centenaires noueux entourés de fleurs de jasmin sauvage qui embaument le chemin. Les photos ne rendent pas grand chose car la lumière grise écrase tout, mais le spectacle vaut vraiment le coup.

La montée passe vite, il est midi quand nous passons la porte du village de Ghorepani ! (2900m).
Il fait plus froid maintenant, nous voici dans le nuage.
Encore quelques escaliers pour mener au gîte, que nous n’aurions pas trouvé sans notre guide. Le gîte est là. Juste à temps. 10 minutes après, la pluie commence à tomber..

Apres une bonne sieste, je retrouve donc Thomas avec les 6 autres autour du fameux poêle.
Il est 16h30 quand la grêle finit par se calmer. L’électricité va et vient, les nuages bougent vite et nous guettons tous l’horizon, espérant une éclaircie pour apercevoir les montagnes que nous sommes tous venus voir. Parfois un bout de montagne enneigée se montre, sans pour autant dévoiler de sommet.
La bonne nouvelle, c’est qu’après un si gros orage, il y a de grandes chances que la vue se dégage pour demain matin ! 
Dire que l’une des chaînes de montagnes les plus hautes du monde se cache derrière ces nuages…!! Il n’y a plus qu’a croiser les doigts pour que la météo soit clémente.

Jour 3 : Ghorepani – Poon Hill – Bhaisi Kharka: 15,5 km / 4h30 de marche / 5h de pauses / dénivelé + : 1055m et – : 1360m

Ce matin, le réveil fut difficile. Après une nuit froide et peu de sommeil, le réveil sonne à 4h30 pour monter en haut de la colline avant le lever du soleil. Équipés de nos frontales, c’est avec grand peine pour moi que nous montons les marches et 400m de dénivelé qui mènent à Poon Hill tower. Nous y arrivons à 5h30, à 3270m d’altitude tout de même, devinant déjà la silhouette des célèbres montagnes ! Le spectacle s’annonce magnifique. L’orage de la veille a laissé place à un ciel sans nuage avec beaucoup de chance !

Dès les premières lueurs du jour, les pics apparaissent de plus en plus clairement, d’abord dans une lueur bleue puis des rayons dorés illuminant quelques zones, pour finalement refléter les rayons sur la neige d’une lumière blanche vive.

Nous restons là un bon moment, admirant Dhaulagiri la plus haute (8167m!) ainsi que South Annapurna,(7220m) Tuchuke Peak, … et bien d’autres.

Face à un tel paysage, on est émerveillés. Nous voilà face à certains des plus grands sommets de notre planète. On se sent petits, et on peine à imaginer ces alpinistes de l’extrême qui tentent de grimper ces pics enneigés par de nouveaux chemins. 

La redescente se fait au soleil, tout comme le début de la journée après un petit dej au gîte où nous avions laissé nos affaires.
Mais bientôt, nous remontons un nouveau sommet de « colline », également à 3210m. Un autre point de vue sur les montagnes, et surtout le chemin qui continue sur la crête pendant 1 bonne heure.

Le chemin est vraiment magnifique, traversant la forêt humide, couverte  de grêle et de fleurs de rhododendrons ! 

1000m plus bas, et après un délicieux Spring Roll pour le déjeuner, nous montons pour descendre et ainsi de suite. Le chemin est boueux et glissant, il n’en fallait pas plus à ma cheville pour se tordre dans un craquement pas très agréable. Je me relève malgré tout, nous sommes proches de Tadapani. Mais nous ne pouvons pas nous y arrêter, car notre étape est sensée être Gandruck à 2h30 de là… et un nouvel orage menace. 

Nous avançons lentement et avec prudence tant que mon pied reste chaud, jusqu’au mini village de Bhaisi Kharka (2480m) à 1h30 de notre destination. C’est la bonne décision car 10 min après, le déluge de pluie et de grêle recommence. 
Un groupe passe par là, il se trouve que l’un d’eux, Miguel, est médecin, et m’offre très généreusement un straps pour garder ma cheville immobile, histoire d’avoir une chance de repartir demain.

L’après midi ressemble aux 2 premières, nous regardons les grêlons tomber dans la pièce à manger, là où est le poêle à bois. Ici aussi ça  fonctionne à l’ancienne : on prend la douche au seau, dont l’eau est chauffée avant sur le feu, quand à la théière, elle est posée sur le poêle pour la garder au  chaud.
Les 2 familles qui gèrent les 2 gîtes se retrouvent aussi autour du poêle, et nous voici à écouter des discussions en Népalais. Nous ne sommes pas conviés à la discussion mais qu’importe, écouter les gens parler et rire rend le moment agréable. 

En montant nous coucher, je m’aperçois que le ciel est totalement dégagé. Je n’ai jamais vu les étoiles briller autant,  c’est impressionnant et magnifique. Une petite session photo et je rejoins Thomas pour nous coucher. 

Jour 4 : Bhaisi Kharka – Ghandruk : 6,7km / 1h50 marche / 2h50 de pauses / 538m positif et 1250 m négatif.

La nuit fut glaciale, (environ 6 degrés dans la chambre à 19h, donc bien moins pendant la nuit…) et malgré les deux couettes, nous avons du mal à nous réchauffer. Dès que nous changeons de position, il faut à nouveau réchauffer le côté.

Départ à 7h30 pour la dernière randonnée. Nous sommes censés marcher 6h pour rejoindre Nayapul (1025m), le village de départ. 
Ma cheville ne s’est pas remise, et nous ne faisons que descendre des marches de roche humides. Notre rythme doit avoisiner les 2km/h…!!
Nous voyons toujours un peu les pics enneigés, qui disparaissent à mesure que nous descendons dans les collines vertes. 

Après 7km de marche, en nous nous arrêtons donc à Ghandruk (1920m) pour déjeuner puis prendre une jeep pour nous ramener à Nayapul. Impossible pour moi d’aller plus loin en canard boiteuse..

Le trek prend fin, cela aura été une aventure géniale dont nous nous souviendrons longtemps. 

L’heure est au repos maintenant, avec une soirée à Pokhara avant un retour à Katmandu pour nous envoler vers la Birmanie, avec une chance immense, la vue sur le toit du monde !!

Préparation au trek: Pokhara

Nous nous sommes rendus à l’ouest du pays, dans la ville de Pokhara, à 800m en contrebas des montagnes.

La ville est le départ des treks des Annapurnas, et ce n’est donc pas très étonnant de se retrouver dans un quartier ambiance station de ski.
Je me rend compte que pour chaque grande ville népalaise, un quartier est dédié aux touristes. Thamel pour Kathmandu, Lakeside pour Pokhara… à l’écart de la vie locale.
Ici, vue magnifique sur le lac entouré par les montagnes, la rue est remplie d’hôtels, de restaurants, de boutiques de matériel de trek, de souvenirs. Dommage que l’ensemble ne soit pas plus harmonieux, et que la superbe vue soit pour le tourisme et non pas pour les locaux…

A notre arrivée, il pleut à torrents (littéralement), alors nous décidons de rester tranquille, avec un petit tour du lac. Avec les nuages, le paysage est encore plus joli !

Le lendemain, grande surprise, un grand ciel bleu nous attend, dévoilant enfin quelques sommets des Annapurnas ! On est comme des gamins attendant la neige à Noël, et nous partons en quête d’un point de vue pour en voir plus.

Sarengkot

Un point de vue à 1500m d’altitude au dessus de Pokhara, 3h de rando.
Le bus local nous mène au vieux Pokhara (qui est en fait la vraie ville), que nous traversons pour rejoindre la montée au sommet, sous un soleil de plomb.

Après 30 minutes de marche difficile, je lève le pouce en attendant une moto. Le motard va aussi à Sarengkot. Je ne me fais pas prier, je monte derrière lui, et Thomas tentera sa chance avec le prochain scooter. Une chance qui viendra bien plus tard.. mais qu’importe, nous voici presque au sommet, et en ayant gagné 2h30 sur notre journée ! (Et dire qu’on s’est engagés pour un trek de 4 jours…)

Sur le sentier du sommet, et après “tant” d’efforts, nous nous accordons un déjeuner local, dans une mini guesthouse tenue par une famille Népalaise. La petite de 1 an fait ses premiers pas, sa grand mère tente de la faire avancer vers nous, mais c’est peine perdue. A la place elle me lance un «  taataaa » auquel je répond par la positive, car oui, je suis Tata pour la 3ème fois depuis 3 semaines !!

Une assiette de riz et 20 minutes de montée plus tard, nous voici enfin face aux montagnes enneigées, simplement sublimes. Nous voyons enfin les pics dont nous avons tant rêvé depuis notre arrivée dans le pays !

La descente sur l’autre versant se fera par une cascade d’escaliers en ardoise dans la forêt, survolée par une horde de parapentes et d’aigles empruntant les mêmes courants d’air chaud.

Arrivés au bord du lac, les petits cafés nous font de l’œil, nous craquons littéralement pour un jus de fruits frais et un muffin, étalés dans des coussins face au lac, entourés d’étrangers défoncés qui fument de l’herbe. C’est le quartier des bars avec vue sur le lac, Happy Hour toute la journée, squattés par les étrangers hippies venus au Népal pour le côté “zen”.

Le soleil s’apprête à se cacher derrière la montagne, et nous assistons à la cérémonie Hindoue du feu Aarti, que nous avions manqué à notre arrivée à Varanasi.
La cérémonie, au bord du lac, honore les dieux et – en Inde – le Gange. C’est une cérémonie de purification et de bénédiction baignée d’encens, qui nous replonge dans notre séjour en Inde le temps d’une heure.

Jour 3
Nous prenons un peu plus le temps de vivre ici, et je repars alors en fin de matinée au “café” de la veille pour un cours de Vinyasa Yoga, de ceux qui vous laissent des courbatures. Malin, la veille d’un départ en trek ! (Je crois que Tom a compris ma tentative d’esquive de randonnée…)

La salle de yoga

Le moment se poursuit avec un déjeuner sur place, et on se croit revenus aux Pays-Bas ! Salade verte avec houmous et tomates (ça faisait longtemps !!!) et Néerlandais autour n’y sont pas pour rien… !

Le reste de la journée sera détente et préparation des sacs (à faire le plus léger possible) pour la randonnée.
Nous voici prêts à découvrir les Annapurnas de plus près !

Bandipur, petit village Népalais

Après 4-5 jours dans la région de Katmandou remplie d’histoires et de monuments, il est temps pour nous de nous diriger vers Pokhara qui sera le point de départ de notre trek dans l’Himalaya. Seul hic, Pokhara est à 210km de Katmandu, … et alors c’est quoi le problème? Le truc c’est que 210km au Népal ça veut dire 9h de route!!! D’où l’idée de faire une escale dans un village de montagne typique Népalais.

Nous voici donc parti pour 5h de bus, plutôt confortable, en direction de Bandipur. Bon il faut avouer que Spotify, Netflix et la kindle ne sont pas du tout des produits locaux mais qu’est-ce qu’ils aident à faire passer le temps !

Bandipur est un charmant village avec une artère principale dénommée bazar mais qui n’a rien à voir avec les bazars des grosses villes indiennes.

Ici il s’agit juste d’une rue pavée avec des maisons très typiques principalement en bois où se trouve la majorité des commerces, hôtels et restaurants. Notre guesthouse est d’ailleurs vraiment dans son jus et d’ailleurs un calvaire pour moi car les châssis de portes doivent être proches d’1m60…


Autre petite anecdote que je ne peux passer sous silence, Bandipur a aussi été notre première rencontre avec une ****** araignée, comme un remake de notre voyage à Taïwan: Laura et moi dans la salle de bain quand Laura crie: “sort sort sort”! Non, on est pas dans un épisode de Fort Boyard, mais j’ai tout de suite compris. Donc je sors pour qu’elle m’explique et je re-rentre pour vérifier et effectivement une très grosse araignée était sur la chasse d’eau des toilettes, le genre que ta tongue ne peut pas écraser facilement 🙂 pour finir 2 personnes sont venues pour la chasser.

Bandipur a aussi été l’occasion de nous préparer physiquement pour notre grand trek: le Lonely Planet décrit une balade de 2h pour se rendre à un village voisin. Sans trop prendre connaissance du parcours nous voilà parti sur cette rando qui s’annonce être bien plus difficile que ce qu’on pensait, le retour était interminable…sans eau à grimper un versant de montagne en plein soleil.

Ne nous arrêtons pas à ces détails car au final Bandipur est vraiment un village reposant avec un fort caractère, d’ailleurs pour continuer les analogies avec les Disney on a souvent eu l’impression de se balader dans l’univers de Mulan (je sais elle est chinoise mais l’architecture en bois est vraiment similaire).

Bandipur aura aussi été le premier lieu où nous avons pu brièvement observer les tant attendus sommets enneigés de l’Himalaya! Brièvement car malgré le beau temps un léger voile nous a toujours empêché de voir à l’horizon.

Pour finir nous avons aussi fait la rencontre d’un couple retraité Normand fort sympathique et nous leur souhaitons une très bonne fin de voyage !

Découverte de la vallée

NAMOBUDDHA
Le projet de l’ONG BRAC que nous avons suivi au Népal nous a mené à Namobuddha, dans l’Est du pays.

Dans le monastère du même nom se trouvaient des dizaines de jeunes moines lisant à voix haute les préceptes du Bouddha, accompagné par un gong immense qui raisonnait jusqu’à l’extérieur du bâtiment !

Ecoutez les moines étudiants chanter !

Le magnifique monastère, planté en haut d’une grande colline, offre une vue sur les montagnes environnantes, de quoi vivre paisiblement. C’est d’ailleurs le nouvel objectif de Thomas, qui se verrait bien emménager ici.

Après 40 minutes de chemin de terre rempli de nids de poule rythmé par les musiques népalaises, dont ce bon vieux “poutoumapoutouuuu poutoumapoutouuuu”  qui doit être le tube népalais à la mode (?!), nous voici en direction de Bhaktapur, l’une des 3 anciennes cités royales avec Kathmandu et Patan.

BHAKTAPUR

Bhaktapur est comme Kathmandu en plus petite, en plus authentique. Un coup de cœur! 

Coup de cœur en particulier pour le quartier des potiers, où l’un des artisans me propose d’essayer le tour.
Je fais un petit pot à partir de l’argile noire qu’il utilise pour montrer ce que j’ai appris à Amsterdam, et il me montre le système de coupe version népalaise, un simple bout de ficelle qui se prend dans la terre et qui permet de ne pas arrêter le tour. Brillant !

PATAN

A Patan, là encore l’endroit est délaissé des touristes. 
Après une après-midi de visites, nous faisons une pause en traînant sur la place royale Durbar Square, là où les locaux passent des heures assis ensemble à discuter, en buvant un thé massala vendu par des marchandes ambulantes.

Après plusieurs minutes, je remarque un étudiant assis sur le bâtiment d’en face, en train de nous dessiner.
Le moment est plutôt drôle, nous restons assis là jusqu’à ce qu’il change de sujet. 
Le résultat est probablement l’un des plus jolis portraits que j’ai de moi ! (Bon Tom ne peut pas en dire autant, il semblerait que le jeune dessinateur ne se soit pas attardé sur lui..)

Des MoMo à emporter en poche, nous rentrons à l’hôtel pour nous coucher tôt, demain matin nous avons 5h de bus dans la montagne pour rejoindre Bandipur. 

(Petite enquête: vous preferez les photos sous format diaporama ou petite image à agrandir ? Donnez votre avis en commentaire pour les prochains articles ! Merci 🙂 )

Le pays du toit du monde

JOUR 19/100 – Kathmandu, Népal.
Un nom qui me fait rêver depuis que je suis petite.

Je me rappelle des heures passées à jouer à “Tintin au Tibet” sur la Nintendo avec ma soeur, dont un niveau à Kathmandu où Tintin doit éviter des poteries qui se balancent, et des vélos dans tous les sens. (Oui je sais, entre Tintin et Aladdin, mes références ont l’air un peu basiques! J’essaierais de vous sortir des références plus intellectuelles la prochaine fois !)

J’imaginais les petites rues remplies de pouss-pouss, les temples bouddhistes à chaque coin de rue, l’architecture typique avec ces toits en triangle et le bois sculpté…

A vrai dire la premiere remarque que nous nous faisons en  nous promenant dans les rues c’est que c’est bien plus propre que l’Inde (il n’y a pas de plastique partout ou beaucoup moins), moins de gens, et 100 fois moins de klaxons !!! Le bonheur pour nos oreilles!
Ca ne fait que 24h que nous avons quitté l’Inde, et pourtant ça me semble déjà loin. Chaque nouvelle journée, bien chargée, remplace la précédente.
La culture Népalaise ressemble tout de même à sa voisine. Le langage est assez similaire, ce petit mouvement de tête horizontal qui signifie “okay” pour eux et qui signifie “non” pour les occidentaux, les bazars où tout se mélange, la cuisine très similaire aussi, bien que moins pimentée.
Finalement, c’est un peu l’Inde, en plus calme, en moins extrême et donc plus reposant.

Arrivés dans le quartier touristique de Thamel, c’est l’équivalent d’être dans une station de ski : les boutiques d’équipement de randonnée côtoient les boutiques de souvenirs, les agences de trek ou les restaurants.
Il faut dire que le Népal est à nouveau à la mode, c’est d’ailleurs le paradis du trekking si on aime les longues randonnées où si l’on veut s’essayer à l’ascension des plus hauts sommets du monde. Et c’est tant mieux tant que le tourisme est bien pensé, de façon durable. Car ça reste une source de revenus importante pour la reconstruction du pays.

On s’éloigne de Thamel pour découvrir les rues comme je m’en faisait l’idée (ou presque) avec les marchés, les petits temples Hindous-Bouddhiques, les  vieilles bâtisses dont beaucoup sont en reconstruction après le tremblement de terre dévastateur de 2015, ainsi que les bazars, comme en Inde, sauf qu’ici personne ne tente de nous vendre le stand entier…!

Nous goutons aussi les Mo:Mo, le snack du Népal. Une sorte de ravioli cuit vapeur aux légumes.
Et un délice pour moi, le Sikarni: un yaourt avec de la cannelle et noix de cajou broyées. Miam !
Cependant nous découvrirons plus tard que les Népalais ne mangent que des Dal Bhat midi et soir, ces plateaux composés d’une portion de riz, une petite salade d’épinards, une soupe de lentilles, et un chili de pommes de terre. Ils ne s’en lassent pas.
Pour nous, le riz commence un peu à être de trop…

Les délicieux Mo:Mo !

HOLI, Color your life

Holi est la fête des couleurs qui célèbre le Printemps. Au Népal, c’est un jour plus tôt qu’en Inde (personne ne sait pourquoi…) mais le principe est le même : on se réunit en famille, on fait une bataille de poudres colorées suivie de jets de ballons d’eau (histoire que les poudres s’imprègnent bien!!), on danse et c’est la fête !

Logés chez Rabina, une sorte de maison d’hôtes en dehors du quartier touristique de Thamel, nous avons pu profiter de la fête dans sa version familiale, qui nous intéressait bien plus que la version touristique (se regrouper entre étrangers dans un jardin privé en dansant sur de l’électro).

Dès le lever, Rabina nous colore le visage, puis sa fille de 6 ans nous charge d’une mission : nouer les ballons remplis d’eau, ses munitions pour la journée..! 
Nous y faisons la connaissance d’Hanna, une néerlandaise très chouette qui vit à Eindhoven, et qui voyage également plusieurs mois en Asie, seule. 

Nous partons célébrer le Printemps dans les rues de la capitale avec les autres résidents de la maison, et sur le chemin nous voilà attaqués de toutes parts: les passants nous étalent généreusement de la poudre sur le visage et les cheveux, des “Happy Holi” fusent dans tous les sens, tandis que des seaux d’eau sont balancés depuis les toits ! Ces petits futés… Hors de portée, nous ne pouvons riposter, et nous acceptons notre sort avec plaisir. (Surtout Thomas qui arrive à passer entre les gouttes, et qui est tellement grand que les gamins n’atteignent pas son visage pour le colorer…!!)

Des centaines de gens sont regroupés sur la place royale, où ça bouge beaucoup. La journée continuera comme ça jusqu’au milieu d’après-midi, nous arrêtant parfois là où quelques personnes dansent sur des musiques traditionnelles Népalaises, nous faisant à nouveau arroser dès que l’on commence à être secs, Happy Holi et poudres partout ! 

Népalais et étrangers se regroupent sur les places pour célébrer Holi tous ensemble.

Une bonne douche et une allergie du visage plus tard (merci les poudres chimiques…) nous voici dans le salon de Rabina, à danser tous ensemble sur les musiques traditionnelles : https://www.youtube.com/watch?v=YI79Y61uaTg

Un super moment dont nous nous rappellerons longtemps !