Les transports cambodgiens

Parce qu’on sait que vous aimez nos petites apartés, en voici une nouvelle:
Les transports cambodgiens.

Au Cambodge il y a eu beaucoup de transports, et malgré que ça soit le plus petit pays que l’on ai traversé, c’est le plus folklorique jusque là ! (Ok, il reste le Vietnam..)

Ici, ce sont principalement des minibus de 15 personnes qui sont proposés, de qualité variable. Côté conduite, je pense qu’ils valent les Indiens (bien qu’il y ait 3 fois moins de monde sur les routes).
Les chauffeurs roulent comme des fous, doublent tout le temps même quand ça passe vraiment limite, des routes en rénovation ou carrément délabrées, etc.

Ainsi, il nous a fallu 6h de route au lieu de 3h pour aller de Siem Reap à Battambang, 14h de route pour faire le trajet Battambang – Sihanoukville, au lieu des 10h, 3h au lieu de 2h pour aller à Kampot, et enfin la palme revient au dernier trajet, Kampot – Phnom Penh. Pas forcément du fait du temps de route doublé une fois de plus, mais plutôt pour la grosse blague qu’a été le conducteur.

En effet, nous avons trouvé un bus en dernière minute à Kampot pour la capitale, car fin des vacances nationales obligent, tous les bus étaient remplis de locaux rentrant chez eux. Nous voici finalement dans un mini bus blindé, un peu serrés, mais au moins nous avons un moyen de transport !

Au bout de 15 min, le chauffeur s’arrête et nous fait comprendre que les 4 personnes sur le bord de la route vont monter, il faut donc se serrer pour leur faire de la place. Tout le monde hallucine, on explique au chauffeur que c’est impossible. Le coffre ne ferme déjà pas à cause de nos sacs, le trajet va durer 3h cambodgiennes donc 5h, donc non, hors de question que ces personnes montent. L’experience “serrés comme des poulets birmans” nous a suffit !
Les Cambodgiens à bord ne sont pas d’accord mais personne ne bronche, ils abandonnent rapidement.

Personne ? C’était sans compter sur les Français, ces casse-couilles! Je tente d’expliquer au chauffeur qu’il est hors de question de prendre plus de gens, que son van est déjà complet, et une des passagères lui traduit car il ne parle visiblement pas anglais. Le mec s’accroupit au bord de la route, en mode boudeur, et nous dit que le bus ne repartira pas temps qu’on aura pas fait de la place pour ces 4 personnes !

Là dessus Thomas s’en mêle, et le mec change littéralement de tête. On lui demande d’appeler son boss pour trouver une solution, et on comprend à ce moment là qu’il ne sera payé que 45$ pour faire le trajet, et c’est pour cela qu’il prend des passagers en plus, dont les 7$/pers iront directement dans sa poche, et pas dans celle de son boss. Un autre passager rigole “ Yes guys, that’s Cambodia!” Ben peut être que les Cambodgiens kiffent être en mode poulets en batterie, mais très peu pour nous.

Démocratie oblige on retourne voir les passagers pour savoir s’ils sont vraiment près à avoir 4 personnes supplémentaires dans le bus, après tout on ne veut pas non plus tout perturber. On comprend qu’ils ne veulent pas mais qu’ils ne savent pas quoi faire. Du coup on retourne voir le chauffeur, on ne cède pas, et finalement, carrément énervé, il nous dit de remonter dans le bus et nous repartons. Ouf ! Sa vengeance sera de la vieille techno avec les basses à fond histoire de faire vibrer tout le bus (et ce pendant 4h).

10 minutes après, nouvel arrêt, il va aux toilettes. On repart. 10 minutes après à nouveau il s’arrête à un garage, un mec tape sur l’embrayage, apparemment il y a un problème. On repart quand même. 10 minutes après, nouvel arrêt pour réparer l’embrayage. Ca prendra 1h, nous sommes partis depuis 2h et nous n’avons pas fait un tiers de la route.

Au Cambodge, la leçon est apprise, toujours prévoir le double de temps pour tout !

Espérons que le passage de la frontière avec le Vietnam sera plus facile !

Koh Rong Samloen – farniente, cocktails et bbq

Quand on pense au Cambodge on ne pense pas forcément aux cocotiers et aux longues plages de sable blanc. Pourtant au sud du Cambodge, en bordure de la Thaïlande et du Vietnam, on trouve plusieurs îles qui peuvent faire concurrence à ses pays voisins.

Nous ferons donc nos Robinson sur l’île paradisiaque de Koh Rong Samloen.

Attention spoilers : 10000 photos de plage vont suivre…

Pour s’y rendre, rien de bien compliqué, tous les bus mènent à Sihanoukville, et ensuite des ferrys font la navette plusieurs fois par jour. Par contre important de demander à votre hôte quelle compagnie choisir car elles arrivent tous à différents endroits sur l’île et il est préférable d’arriver au plus proche de son logement car sur l’île il n’y a pas de routes et les sentiers dans la jungle peuvent être épuisants avec les sacs.

Sihanoukville, cauchemar du littoral

Mais avant de parler de ce petit paradis quelques mots sur ce désastre qui grandit sur le continent.

Sihanoukville est une horreur, désolé pour mes amis/collègues chinois mais cette ville est envahie par les investisseurs chinois afin d’y construire des casinos tous plus grands les uns que les autres.

Tout est écrit en chinois, la ville entière est en construction de jour comme de nuit – des buildings, des portions de routes boueuses. Une très forte odeur d’égout envahit ces rues et les prix sont beaucoup plus cher que nul par ailleurs au Cambodge. Bref vous l’aurez compris, un 0 pointé pour cette ville qui sera pour nous une escale de très très courte durée afin de rejoindre Koh Rong Samloen au plus vite.

Koh Rong Samloen, la plus belle plage du Cambodge

Koh Rong Samloen est une île paradisiaque comme on peut les imaginer. De toutes les petites îles qu’on ait visité , elle rentre dans le top 3 après Paxos en Grèce et Koh Lanta en Thaïlande.

Nous avons choisi de rester sur Saracen beach, la plus grande, la plus animée et je pense la plus belle de part l’immensité de sa plage de sable blanc. En plus ici il y a des marées, bon c’est pas la Bretagne où les plages du Nord mais ça recule de quasi 100m.

Pour accentuer le côté paradisiaque de nombreux hamacs et balançoires sont posés en bordure de plage, de quoi se relaxer les pieds dans l’eau.

Notre lodge (le Cita) avec ses cabanes en bambou était idéal: comfortable, sur la plage, un peu à l’écart des autres lodges et le personnel super accueillant.
Le fait d’y être en basse saison fait que la plage est quasi vide, une vingtaine de personnes. Pour ceux qui iront visiter cette île en haute saison et qui cherchent la tranquillité je pense qu’il est préférable de regarder vers Lazy Beach qui est à l’ouest de l’île mais a seulement 20 min à pied en traversant la jungle depuis Saracen beach.

Relax, take it easy

Comme vous pouvez l’imaginer notre programme sur cette île n’était pas très chargé : farniente, baignade, cocktail et bbq!
(Note de Laura : Je tiens à préciser que cette halte relève de l’exploit puisque Tom n’aime habituellement ni le sable, ni se baigner dans la mer. Les 40 degrés auront eu raison de lui, pour mon plus grand bonheur, il s’est baigné presque autant que moi !!)

Notre 2e journée sur l’île a été ponctuée de gros orages tropicaux mais quel plaisir, enfin de la fraîcheur! Pour les vieux qui nous lisent, vous connaissez la pub Tahiti douche, où on voit des personnes se savonner sous une pluie tropicale? Je sais pas vous mais j’ai toujours rêvé de faire ça. Sauf que le plus souvent, chez nous, quand il pleut il fait froid et on essaie d’esquiver.
Cette fois ci, on n’avait pas le savon mais on pouvait rester sous la pluie en maillot de bain et profiter. Une sensation de liberté vraiment agréable qu’on aimerait retrouver plus souvent. D’ailleurs on était loin d’être les seuls sur cette plage à s’amuser sous la pluie.

La lumière qui a suivi était splendide, les orages sur les îles paradisiaques font le bonheur des photographes…!

Note de Laura : Le déluge était aussi le moment pour apprendre à Thomas à jouer au Rami, le jeu des Ponchel par excellence. Mamie sera fière d’apprendre que, bien entendu, j’ai gagné 5 parties sur 6. (Thomas ne voulait plus jouer alors je l’ai laissé en gagner une..).

Snorkeling à Koh Rong Samloen

Qui dit île paradisiaque dit snorkeling et là nous avons eu deux expériences. La première en pleine nuit où on nous demande de plonger du bateau et de nager.
Vous allez me dire: Thomas c’est quoi le délire de faire du snorkeling en pleine nuit?
Et bien figurez-vous que l’eau est remplie de plancton luminescent, c’est à dire qu’il rayonne quand on remue l’eau. Et non ce n’est pas un projet Philips!

Nager en pleine nuit dans l’océan et déjà une expérience en soit. Mais voir plein de points lumineux s’activer lorsqu’on nage rend le moment féerique. Une sensation que nous avions déjà vécu au Costa Rica à bord de kayak. Les nuances de couleurs et l’intensité sont d’ailleurs beaucoup moins importantes qu’au Costa Rica, mais plonger dans l’eau et laisser des traînées lumineuses, ça fait son effet.

La deuxième session snorkeling est cette fois pour voir les poissons et les coraux. Suite à la tempête de la veille, la visibilité est assez faible et c’est seulement vers 16h qu’elle s’améliore pour nous laisser voir les coraux fleuris par milliers, de toutes les formes et couleurs ainsi qu’une multitude de poissons et quelques gros crabes timides.

Pour ma part je n’avais jamais vu autant de coraux en vies et si somptueux.
Un eco-système important à préserver, mais qui ne l’est malheureusement pas suffisamment dans cette zone.

Au bout de 3 jours, nous quittons l’île à regrets, mais également plein de motivation pour le 9ème projet social et environnemental que nous allons visiter à Phnom Penh.

Battambang

Après la folie touristique de Siem Reap, nous voici plus au sud-ouest dans un petit village appelé Battambang.

Battambang est animé par de nombreux marchés entourés de maisons coloniales. C’est une jolie ville où l’on trouve de très bonnes adresses pour se restaurer, (outre les traditionnels nights markets) le petit plus est que la plupart participent ici aussi à des actions humanitaires et proposent de délicieux menus végétariens.

A la découverte de Battambang

Le premier jour nous décidons de visiter le seul domaine viticole du pays en passant par la route aux 1000 Flamboyants.
Pas de suspens, ça ne valait pas le détour (à l’exception de la beauté de la route), un Syrah venu de France qui ne prend pas le temps de vieillir ce qui donne un beau Baron de Lestac (pour les fins connaisseurs 😉 )
Ce moment marque aussi les débuts de Laura en scooter. (La vidéo sera dévoilé à celui qui paiera le plus gros bakshish).

Néanmoins sur la route nous sommes tombés sur une maison traditionnelle datant de 1907, Khor Sang, qui a appartenu à l’ancien secrétaire du gouverneur Thaïlandais de la province. Sa petite fille de 80 ans nous fait visiter sa maison remplie d’histoire et le tout en français! Ce moment semble privilégié et nous sommes envoûtés par l’histoire de cette maison et par les quelques photos et mobiliers d’époque. La maison est entièrement fabriquée en bois (qui n’a pas bougé après plus de 100 ans) sur pilotis afin de se protéger des insectes mais aussi qui, combiné avec les hauts plafonds, favorisent les courants d’airs.

Cours de cuisine cambodgienne

Un cours de cuisine haut en saveurs avec d’autres voyageurs: une française et un couple portugais. Avant de commencer le cours de cuisine, le chef nous invite à faire le tour du marché voisin pour se procurer les ingrédients de la recette.

En cours de route il nous explique qu’au Cambodge, à l’exception des restaurants, on n’utilise pas de réfrigérateurs et de ce fait sur les marchés les bêtes sont vivantes et tuées sur place à la demande. (A l’exception des gros animaux). D’ailleurs le plus tôt on arrive le plus cher est la viande, et s’il reste de la viande en fin de matinée elle sera séchée.

Ces explications feront le bonheur de ces dames qui annoncent qu’elles sont végétariennes. Néanmoins, la visite continue et l’expérience Cambodgienne commence, car au Cambodge “on mange de tout sauf les jolies filles” ricane notre chef. Et comment dire, c’est vrai… on trouvera sur ce même marché les classiques poulets, poissons et viandes rouges mais aussi tortues, rats, cobras, grenouilles et … chiens! Heureusement qu’il y a la halle aux légumes car l’expérience devient difficile pour tout le monde.

De retour en cuisine, l’atmosphère est bon enfant et on apprend à cuisiner des rouleaux de printemps, du poisson Amok dans sa feuille de bananier (une tuerie), du poulet Lok Lak et un dessert à la banane.

L’après-midi sera dédiée là encore à la campagne environnante, et nous tombons notamment sur un monument dédié aux disparus du génocide. Une fois de plus, on prend la mesure de l’horreur vécue. Des centaines de crânes humains sont empilés dans le monument, et des gravures présentent les scènes d’atrocité qui étaient le quotidien des Cambodgiens pendant 3 ans.
Heureusement les enfants des villages, qui nous lancent des “Hello ! Hello !” à tout va avec de grands sourires, adoucissent l’atmosphère pesante.

Le cirque de Battambang

Battambang est aussi réputée pour son cirque qui forme des enfants défavorisés à cet art. Leur troupe tourne à travers le pays et lance de nombreux acrobates pour des cirques internationaux.

En gros amateurs de cirques que nous sommes, on ne pouvait manquer l’occasion d’assister à ce spectacle. Avec des billets de dernière minute on se rend au cirque avec le couple portugais du cours de cuisine.

Le cirque est à l’extérieur de la ville, un parc composé de plusieurs bâtiments où s’entraînent les apprentis acrobates et juste à côté un amphithéâtre de fortune pour la prestation temps attendue.

Ce n’est pas le Cirque du Soleil ni le cirque Eloïze (nos références en la matière) mais il faut reconnaître le potentiel de ces personnes et le projet social porté par cette organisation. La mise en scène et les acrobaties de cette petite équipe de 5 personnes nous feront passer une très bonne soirée et on recommande aux personnes passant dans le coin de s’y arrêter.

“C’est que le début, Angkor et encore…”

Nous voici arrivés au Cambodge, et plus particulièrement à Siem Reap (ville au bord du site archéologique d’Angkor). 

La zone touristique, remplie de bars et restaurants à l’occidentale, des stands souvenirs et de vêtements « tombés du camion » nous donne une image bien différente de ce que j’imaginais du Cambodge. Ici, très peu d’authenticité, les rues sont aménagées pour le tourisme.

Pas d’autre photo numérique de Siem Reap, prises uniquement avec l’argentique.

Le cambodge, pays des ONG

Pas hyper enchantés par cette ambiance, nous nous mettons en quête d’artisanat local et durable. Nous découvrons alors que ce sont principalement les ONG qui sont en charge de la partie sociale du pays, et non pas le gouvernement. Siem Reap, comme les autres villes que nous visiterons plus tard, regorge en fait de petits restaurants et de boutiques ayant leur propre programme de soutien aux personnes handicapées, aux personnes en situation de grande pauvreté, à la formation aux métiers de l’artisanat pour les jeunes, à l’indépendance financière pour les femmes, etc. 
Nous visitons alors « Artisans d’Angkor », une entreprise sociale qui forme les jeunes venant des milieux ruraux à l’artisanat cambodgien: sculpture sur pierre et sur bois, céramique, soierie, … 
Du fait du génocide, une grande partie de ce savoir-faire avait quasiment disparu, et l’organisme le fait réapparaître à travers ces formations professionnalisantes. Les étudiants travaillent notamment sur la rénovation des sites d’Angkor, et proposent également leurs œuvres à la vente via les boutiques de l’entreprise. Visitez leur site pour en savoir plus ici.

Choucria et Chouba,
A la découverte des Temples Khmers perdus

Beaucoup de gens nous ont conseillé de visiter le site d’Angkor sur 3 jours. Néanmoins, la chaleur (toujours écrasante), la visite précédente de Bagan, et les blogs finissent par nous convaincre de prendre un pass d’une seule journée, et un TukTuk Driver pour nous guider parmi les temples. 

Nous démarrons la visite avec un premier aperçu au coucher du soleil du plus célèbre des temples, Angkor Vat. L’ancienne cité Khmer est vraiment magnifique, c’est incroyable de voir des vestiges vieux de plus de 1000 ans, sculptés aussi magnifiquement. Nous sommes sous le charme. On se demande aussi comment une cité pareille a pu être abandonnée comme cela. 

Le soir même, un documentaire nous apprend que le site a été découvert par hasard, par un naturaliste français étudiant les insectes de la jungle cambodgienne, en 1860. 
De nombreuses restaurations ont été effectuées car le site était alors bien plus en ruines qu’à l’époque, et les recherches archéologiques ont indiqué que ce qui était une ville de la taille de l’actuelle Londres a été abandonnée en partie pour cause de guerres, mais aussi du fait de problème d’eau.

En effet, le système d’irrigation était brillant, mais la ville entière était basée sur ce système, afin d’alimenter les champs et rizières.
Plusieurs sécheresses suivis de plusieurs moissons très violentes et une déforestation accrue pour l’agriculture provoquèrent une érosion des sols trop importante, et le système s’effondra.
Une leçon que nous n’avons toujours pas apprise visiblement.

Le lendemain, nous voici repartis à 5h du matin afin d’assister au lever du soleil sur le temple. Pas de pot, c’est brumeux, la vue carte postale ne se montrera pas. Mais qu’importe, après tout c’est le bâtiment en lui même qui fait tout !

Plus tard, notre chauffeur nous amène sur d’autres sites, nous visitons d’autres temples en ruines, jusqu’au temple qui me fait rêver depuis longtemps : le Ta Prohm Temple, aussi connu sous le nom de Jungle Temple. Et pour cause, je suis sure que ça va vous parler, d’énormes arbres (Tetrameles nudiflora) poussent entre les pierres, la nature qui reprend ses droits. 

Encore un rêve qui se réalise ! Décidément, il était temps qu’on le fasse, ce long voyage !! On en aura coché des cases de notre « liste de choses à voir » ! 

Sur le site il y a du monde, c’est sûr, mais nous réussissons malgré tout à nous faufiler par quelques portes où nous sommes seuls, ce qui rend la découverte encore plus exceptionnelle. 

Le dernier des plus gros temples est Bayon, avec ses têtes géantes du Dieu-roi. On rigole bien, la chaleur nous fait « perdre la tête » mais pas grave, il y en a plein de rechange autour de nous !

Sur la route du retour, c’est le craquage. Notre tuktuk driver prend notre bouteille d’eau vide, et s’éloigne. Je cours presque après lui, mais trop tard…il la balance dans un ravin de la jungle, là où se trouvent déjà plein d’autres déchets… on ne peut pas ne pas réagir. Je tente de lui expliquer qu’il ne peut pas faire ça, qu’il pollue ses propres terres, et du coup son gagne-pain. Il réalise un peu qu’il aurait pas dû, nous fait des sourires gênés et des « ok ok ». Malheureusement on se doute qu’il faudra plus que ça pour que les Cambodgiens prennent conscience du fléau du plastique. (On en reparlera dans un futur article que je réserve pour la fin du voyage). 

Néanmoins, cette journée restera gravée dans nos mémoires, et histoire de rester dans l’ambiance, on se refait l’épisode 1 d’Indiana Jones en Inde. Fous rires garantis, je ne me rappelais pas à quel point ce film était plein de caricatures. En fait, c’est une comédie, pas du tout un film d’aventures !
Dire que ce dîner dans le crâne du singe m’a longtemps fait peur d’aller en Inde ! (L’enfance et ses traumatismes…!! ^^)

Céramique

 Voilà 2 mois que nous voyageons, et quelques unes de nos habitudes me manquent. Parmi elles, les cours de poterie, un loisir qui se transforme de plus en plus en passion. Au pays de l’artisanat, c’est l’occasion de pratiquer un peu. Je trouve un cours de céramique au Khmer Ceramics Center, pour 2h de tournage et de gravure. Parfait ! 

L’école de céramique gère elle aussi un programme pour les personnes handicapées. Cela permet à des personnes généralement exclues de la vie active et sans formation d’apprendre un métier et de devenir artisan-e. Le programme est super inspirant, là encore c’est une belle leçon d’humanité.
Ma professeure est malentendante, le cours se fait donc sans discussion, mais en montrant, en observant, et en se concentrant sur l’argile pour sentir comment la travailler. Le cours est génial, j’ai appris ici beaucoup de notions que je n’avais pas vu en 6 mois de cours à Amsterdam. 
Je choisi 2 pots à emmener sur les 5, ils seront cuits et glacés plus tard, et seront envoyés à Phnom Penh, notre dernière étape cambodgienne.

Pour l’heure, nous partons dans le minivan pour Battambang, à 3h de là.

Bangkok, un jour peut-être

Bangkok, une des villes les plus célèbres d’Asie, réputée pour sa démesure a toutes échelles, sera une étape avant notre passage pour le Cambodge.

Encore faut-il y arriver, car une fois de plus nous voilà embarqués dans le train, pour une douzaine d’heures. (A la fin du trajet on ne pensait qu’à manger du maquereau 😉 )
Plus confortable que son voisin Birman, c’est l’occasion de passer la journée à trier les photos et travailler, tout en admirant le paysage qui défile, jusqu’au magnifique coucher de soleil.

Ça doit être la 4e fois que l’on passe à Bangkok et c’est toujours la même chose: une escale de très courte durée…
Cette fois-ci nous sommes prêts, notre plan de visite est fait mais … le roi en aura décidé autrement … en effet notre seul jour de visite tombe pile le jour du couronnement de sa nouvelle reine. D’où le fait que les Thaï portent un t-shirt jaune, la couleur de Rama X. Du coup impossible de visiter le Palais Royal et les temples aux alentours. Par contre, à défaut de visites, nous verrons vu le roi rentrer dans son palais et une haie d’honneur de plusieurs centaines de militaires.

Heureusement tout n’est pas fermé pour cette occasion et on pourra visiter le splendide temple Wat Pho avec le plus grand Buddha allongé du pays et ses tableaux muraux gigantesques.

On en profitera aussi pour se balader dans le marché aux fleurs. D’ailleurs désolé Amsterdam mais Bangkok a mis la barre bien plus haute, ici on ne parle pas d’une rue mais d’un énorme marché couvert où tout le monde s’affaire.

Les 40°C de la ville nous étouffe un peu, alors comme à Chiang Mai, le musée national est un excellent moyen de se rafraichir ! Le thème du musée: qu’est-ce qui est Thaï, et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Très intéressant, nous voyons que le pays tire sa culture d’un melting pot réussi.
Et en plus de ça, nous y retrouvons notre fidèle BoutChoun dit Momo pour les intimes, il se prête au jeu du selfie, décidément ce Momo n’en finira pas de nous surprendre !

Dans la soirée on profite d’un Mai Thaï cocktail au sommet d’un rooftop afin d’avoir une idée plus précise de la dimension de la ville. Ben c’est confirmé, Bangkok est immense !
C’est le moment de faire une petite photo “9 ans après “! Alors on a vieilli ou pas ?

Pour finir en beauté cette visite de la ville, on s’octroie une balade gourmande dans Chinatown pour déguster la fameuse street food de Bangkok. Rien à dire, la cuisine Thaï vaut vraiment le détour. D’ailleurs on pense faire un post illustrant nos trouvailles culinaires, vous en pensez quoi?

Voilà, la Thaïlande c’est déjà fini, on embarque à bord du Mékong Express Bus pour quelques 7h de route.
C’est parti pour découvrir la beauté cambodgienne !

Chiang Mai – une pause bien méritée

Nous voici de retour à Chiang Mai, qui sera notre point de chute pour plusieurs jours.


La fatigue se fait sentir, je ne sais pas si tout est la faute de cette chaleur accablante qui nous suit depuis maintenant 3 semaines. Je pense que nous arrivons aussi à un moment du voyage où on sent la différence entre le voyage de vacances et le voyage road trip sur plusieurs mois. La planification se fait un peu plus au dernier moment et on entre dans les nouveaux pays/villes sans même avoir potassé le Lonely Planet ou les blogs sur internet, ce qui est impensable pour nous si on part en vacances un week-end ou plusieurs semaines dans un pays.

De plus il faut avouer que nos premières semaines n’ont pas été de tout repos, entre les projets avec les ONG et le rythme de visites qu’on s’impose il est temps pour nous de faire une pause. On prendra donc le temps de se poser dans des cafés, lire nos livres, répondre aux e-mails, massages, écrire nos articles et surtout profiter de la piscine de notre magnifique guesthouse décorée façon Thaï, dont la gérante est une vraie piplette !

Pour les Amstellodamois : Voici en photo la fameuse soupe Tom Kha au lait de noix de coco que l’on vous a cuisiné avant notre départ 😉 On a pensé à vous en la dégustant !

Chiang Mai est une ville agréable, elle nous donne une impression de déjà-vu qui doit s’expliquer par la présence de 7 Eleven (l’équivalent de carrefour city) dans toutes les rues comme nous avions connu pendant notre séjour à Taïwan.
C’est aussi une grande ville très bien développée et mine de rien ça fait aussi plaisir de retrouver une ville où on peut trouver un peu tout ce qu’on veut. Dont un labo photo pour développer la première pellicule de Laura, assurant ainsi la qualité de son argentique.
(Note de Laura : J’ai peu de photos de Chiang Mai à vous montrer, car j’ai utilisé mon argentique pendant quelques jours, et la pellicule n’est toujours pas développée. Les photos arriveront donc plus tard!)

Une fois de plus, armés d’un scooter nous avons pu visiter la ville et ses alentours librement.

Nous avons vu tellement de temples en Birmanie, qu’une fois en Thaïlande nous n’en visitons pas beaucoup. Néanmoins, quelques incontournables nous ont montré que le style Thaï est l’un des plus remarquables :

Notamment le Silver Temple, entièrement fait de plaques d’argent gravées
“en renversé”. Superbe !

Nous partons aussi en virée à Doi Suthep, une montagne à côté de la ville où se trouve un grand site bouddhique. Le but était d’y monter pour le coucher du soleil mais nous avons un peu sous estimé le temps de route et sur-estimé le GPS. Nous y voilà pendant la nuit, où une atmosphère vraiment paisible règne, entre les clochettes sonnant au vent et les personnes qui méditent.

Le lendemain, nous partons à la découverte de l’artisanat local, vraiment fourni : Ombrelles en papier, soieries, céramique Céladon ( pour le plus grand bonheur de Laura), les ateliers peuvent être visités, et nous découvrons une technique qui nous impressionne.
Tout est fait à la main, toutes ces personnes ont un talent et un savoir-faire qui pourrait rivaliser haut la main avec les plus grands artistes occidentaux.
Mais aussi avec une productivité qui semble un peu excessive en regardant leurs stocks interminables !

La nature Thaïlandaise

Quasiment 9 ans plus tard nous voici de retour en Thaïlande !

Après les îles du sud nous voici décidé à découvrir le nord du pays qui est tout autant touristique mais beaucoup plus authentique, quoique Koh Lanta reste un des endroits des plus sauvages de Thaïlande que l’on ai visité.

Après une très courte durée à Chiang Mai (où nous retournerons plus tard) nous voilà dans un eco-lodge en bordure de rivière, dans la montagne de Doi Inthanon, perdus dans la jungle.

Le décor est magnifique, un pont suspendu permet de traverser la rivière et de rejoindre les bungalows en bambou le tout dans un jardin sauvage. Mais ce qui rend ce décor encore plus insolite est la présence d’éléphants en liberté sur le site!

6 éléphants et 1 éléphanteau sont présents (on apprendra plus tard qu’une nouvelle naissance est prévue dans quelques mois), les voir se balader, se baigner dans la rivière nous rend un peu gaga, comme des gosses. Ils sont si imposants, majestueux et si sereins. Un vrai plaisir que Laura ne saura quitter du regard.

Il est important de savoir qu’il n’existe plus d’éléphants sauvages en Thaïlande, ils ont tous étaient soumis par l’homme afin d’effectuer des travaux pénibles et pour satisfaire les touristes dans les cirques où plus communément des treks. Le plus souvent dans de terribles conditions et mal traités. Honteux!

Heureusement de plus en plus de sites, dont notre eco-lodge qui était précurseur dans la région, enlèvent ces éléphants des cirques ou propriétaires malveillants pour leur apporter une vie plus heureuse.

A défaut de place pour des nuits supplémentaires dans cet eco-lodge mais aussi du fait d’un confort spartiate nous nous dirigeons vers un autre eco-lodge a seulement 10min de la rivière.

Le Karen Eco-lodge est totalement différent mais tout autant intéressant. Ici, pas d’éléphants mais un site entouré de champs, un potager et d’animaux de ferme. Les gérants ont choisi de quitter Bangkok pour ouvrir cet eco-lodge il y a plus de 10ans et même si les débuts ont été difficiles, aujourd’hui c’est un pari réussi.

Les propriétaires super sympas sont amoureux de la France et parlent très bien français. On se souviendra de notre dernière soirée qui en plus d’un repas traditionnel sera suivi d’un spectacle de danse des filles du village Karen (nom des tribus locales) avoisinant. La danse est vraiment envoûtante, une délicatesse et une grasse unique.

La suite de la soirée sera arrosée, en effet le patron content d’avoir des Français passera le reste de la nuit à nous faire déguster ses différentes liqueurs, à l’exception de son trésor : une liqueur de scorpion et cobra.

Au cours de ce séjour nous avons fait plusieurs activités :

Un tour de la ferme pour apprendre le travail dans une plantation de riz, découvrir légumes thaïlandais et enfin nourrir les animaux. Ce sera d’ailleurs le début d’une histoire d’amour entre Laura et un jeune bœuf appelé Bout Choun, une romance de 3 jours pendant laquelle elle l’aura nourri, gratté, et promené en laisse!

Une randonnée dans la montagne et la forêt environnante à travers des temples perdus d’une beauté rarissime: des temples en bois où le moindre mm2 est sculpté dans un style Thaï.
Puis le clou de la randonnée, une petite cascade avec piscine naturelle où nous aurions pu rester la journée entière tellement cette fraîcheur était agréable. Un havre de paix entouré de la jungle thaïlandaise.

Une descente de la rivière en canoe bamboo, mais qu’est ce que c’est? Tout simplement 8 bambous attachés à plat qui forment un radeau de fortune sur lequel 3 personnes, dont le guide, montent pour sillonner la rivière. Un moment très calme qui permet d’apprécier le paysage et la vie en bordure de rivière.

Hpa an – petit trésor Birman

Avant de traverser la frontière terrestre pour la Thaïlande nous décidons de faire une halte de 4 nuits dans le village de Hpa An.

Hpa An est un tout nouveau décor et pour continuer nos analogies cinématographiques ici on a l’impression que Steven Spielberg va surgir d’un buisson pour tourner un nouveau Jurassic Park! L’horizon est formé de montagnes invraisemblables, style gros monolithes au milieu de plaines où de jungles.

Les grottes, pour un peu de fraicheur

Au cours de ces 3 jours rien de mieux pour visiter en toute liberté que de se procurer un scooter.
La liste des choses à faire est longue, notamment pour les randonnées. Malheureusement les 38°C dès 9h du matin nous limiteront aux sites les plus simples d’accès car il est impossible pour nous d’envisager une randonnée de plus de 30 minutes…

Mais pas de regrets, cette région est tout aussi réputée pour ses gigantesques caves bouddhiques (grottes), de quoi nous apporter un peu de fraîcheur !
Nous en avons visité plusieurs dont la fameuse Cave de Saddar qui est longue de plusieurs kilomètres, le petit plus de cette cave est que l’on peut sortir par une autre entrée côté lac pour terminer la boucle en bateau.

Nos grottes françaises n’ont rien à leur envier, car ici il y a très peu de cathédrales de stalactites et stalagmites. Néanmoins ces grottes n’en restent pas moins impressionnantes, ici c’est leur transformation en lieu de culte qui les rend incroyables : les murs sont sculptés, des milliers de Buddhas et autres divinités sont exposées comme si nous étions dans une galerie.

Kyaut Kalap, la pagode perchée

Pour illustrer le côté monolithe rien de tel que la pagode Kyaut Kalap qui défie la gravité du haut d’un bloc de calcaire. Kyaut Kalap est un lieu de contemplation où il fait bon se reposer, absolument magnifique. Nous avons tellement aimé que nous y sommes d’ailleurs allés 3 fois…!

Contempler et se reposer ? C’est sans compter sur notre côté star victim…complètement épuisé et exténué par la chaleur je décide de m’abriter dans le temple, je m’allonge pour faire une micro sieste (ce que tout les locaux faisaient) et là, un Birman me prend la main, me lève, me positionne avec Laura devant la balustrade, prend son enfant et … wait for it … prend un selfie !

Bouuuuuddhisme, le revers de la médaille

Il est 15h et nous décidons de nous diriger vers la cave aux chauves-souris. La route est magnifique, on arrive à l’entrée où 2 moines sont assis paisiblement et nous demandent de payer les 4$ de frais d’entrée pour la grotte. On marche, on remarque une porte cadenassée donc on continue notre chemin qui s’avère grimper énormément via des échelles et se termine sur un cul de sac : une pagode au sommet d’un pic avec une belle vue sur la rivière. Je me tourne vers Laura et lui dit “on a certainement loupé cette grotte”. On redescend, nada, rien sur la route qui pourrait être l’entrée d’une grotte. On retourne donc voir nos moines à l’entrée qui soudainement ne parlent plus anglais et on leur demande où est l’entrée.
Ils se mettent à rire et nous miment que le site ouvrent à 18h quand les chauves-souris s’échappent de la cave. Ils ne pouvaient bien évidemment pas nous renseigner avant que l’on paie les droits d’entrée…

Je ne pensais pas un jour me faire arnaquer par des moines. Faisons une petite aparté, notre premier voyage en à Taïwan nous avait fait découvrir le bouddhisme qui, plus qu’une religion, s’apparente à un art de vivre. Les temples, prières, moines nous avez impressionnés. Hors depuis notre arrivée en Birmanie cette vision à beaucoup changé, ici on retrouve des personnes qui sont dès leurs plus jeunes âges “orientés” vers le bouddhisme. Toutes ces belles valeurs et l’atmosphère que nous avons rencontrées dans d’autres pays est beaucoup visible en Birmanie, il est d’ailleurs commun de rencontrer un moine qui se prend en selfie avec son smartphone, qui fume ou qui boit.

Parenthèse terminée, Hpa An était notre dernière escale avant la Thaïlande. Hpa An est vraiment une petite pépite de la Birmanie, plus authentique, plus riche de décors, nous avons vraiment aimé notre séjour et c’est un peu avec la boule au ventre que nous prenons le bus.

Le passage vers la Thailande

Le lendemain matin, nous prenons une sorte de taxi-van qui nous emmène à la frontière avec quelques locaux. Une fois au poste de frontière, c’est un peu le bordel, il y a du monde ! Mais rien de bien compliqué, on passe par un premier guichet pour le tampon de la douane birmane, puis on traverse un grand pont, le pont de l’Amitié, (la frontière est délimitée par une rivière) pour arriver au guichet Thaï.

Le plus difficile aura été de trouver où prendre le bus pour Chiang Mai, car là encore nous arrivons pendant un jour férié. A l’arrêt, nous rencontrons un groupe de 3 françaises avec qui nous discutons d’un peu de tout: voyages, films, photo.. Après une petite heure et une bonne assiette de riz, nous voici en route pour le Siam !

Yangon et Golden Rock

Enfin arrivés dans l’ancienne capitale Birmane (ou la capitale économique on dira), le panorama nous offre la vue sur la plus célèbre pagode du Myanmar, la pagode Shwedagon.

Notre unique journée à Yangon est bien tranquille : sous une chaleur écrasante, nous tentons de visiter la ville, et notamment les principaux temples dont le Bouddha couché et un Bouddha gigantesque. La plupart des gens arrivent en Birmanie par Yangon, et visitent donc ces temples en premier, qui permet d’expliquer le bouddhisme dans le pays.

Après 2 semaines de visites de temples, nous ne nous attardons pas trop, et filons à notre RDV avec l’ONG BRAC (si vous avez suivi, la même ONG qu’au Népal) pour le projet photographique du lendemain.

En fin d’après-midi, visite du sud de la ville pendant mon heure préférée de la journée!
L’architecture coloniale est partout, ce qui est un peu déconcertant.
Ca nous rappelle aussi un peu Taipei, c’est l’effet capitale asiatique.

Et hop, je vous emmène en balade photographique avec moi, dans les rues de Yangon!

Cette escale aura été de courte durée, un transit pour Daik-U en somme, la petite ville où est géré l’un des programmes de BRAC. (A suivre dans un futur article!)

GOLDEN ROCK, important lieu de pélerinage bouddhiste

La seconde fois où Tom m’aura haï sur ce voyage ! J’ai cramé tous mes jockers avec cette étape, et je vous explique pourquoi.

Partis de la ville de Bago, nous roulons confortablement dans un gros bus pendant 2h, qui nous arrête très gentiment à Kyaiktiyo, village des départs pour atteindre le Golden Rock. Malheureusement pour nous, nous n’avons pas encore nos billets de bus pour rejoindre Hpa-An le soir, et la station de bus se situe à 30 minutes de là où on se trouve…
Après avoir fait le tour des petites baraques de bus où tout le monde veut nous vendre un taxi pour Yangon dans un anglais très approximatif, chargés de nos gros sacs, nous finissons par comprendre que le seul moyen d’avoir un billet de bus pour Hpa-An sera de l’acheter après la visite du Golden Rock, quand nous redescendrons la montagne. Thomas est persuadé qu’il n’y aura plus de billets de bus dans la journée, et que l’on va se retrouver sans moyen de locomotion. De mon côté, je lui assure que ça va aller, profitons de cette journée de visite !

Le seul moyen de se rendre au Golden Rock est une sorte de mini-truck.
Il fait toujours 40 degrés, et le chauffeur nous entasse comme des poulets de batterie sur les banquettes. Après 10 minutes de route en montagne, plusieurs passagers se mettent à vomir autour de nous.
Premier stop, demande de dons pour le site de pélerinage.
Second stop, le chauffeur s’arrête à un petit restaurant de bord de route. Là dessus, tous les passagers, Asiatiques, en profitent pour acheter paquets de nourriture et glaces à l’eau dont le sachet sera balancé dans 2 minutes sur la route, toujours en mode collés serrés sur ces banquettes. Et puis ça dure, 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes. Mais qu’est-ce qu’il fait le chauffeur ? Ben il prend sa pause déjeuner bien entendu !
Troisième stop, on nous arrête devant un tout nouveau téléphérique, qui va directement au Golden Rock. Personne ne descend du truck malgré les tentatives des vendeurs de tickets, car les cabines coûtent une blinde.
Au final, la montée prend 1h, on est dans un sacré état à l’arrivée au sommet.

L’attente pendant le déjeuner du chauffeur..

Les derniers mètres se font à pied, on est proches du but! Mais c’est sans compter sur le mec de la sécurité, qui saute sur Thomas pour lui réclamer 10$, le tarif spécial foreigner pour accéder au site. Fatigué, transpirant, la patience menée à ses limites, Tom rebrousse chemin et part se poser dans le café (climatisé) d’un hôtel du coin.
Maintenant qu’on est là, ça serait con de ne pas aller le voir, ce gros caillou doré quand même… J’abandonne Tom et son gâteau noix de coco, et je pars en visite seule.

Le site est impressionnant, le sol blanc, les mini cloches qui sonnent au vent et les pélerins dormant partout donne un aspect unique à cet endroit.
Le Golden Rock est imposant, et offre une vue magnifique sur la montagne.

Les femmes n’ont pas le droit de s’approcher du rocher, alors je le regarde depuis les terrasses autour, et plus intéressant, les visiteurs, qui appliquent leur carré d’or sur le caillou, par dessus les précédentes feuilles d’or.

Vous me direz “ah ben voilà, ça valait quand même un trajet un peu pourri!”. Mais à vrai dire, quand on est pas bouddhiste, l’intérêt est moindre, et on a visité aussi d’autres lieux dégageant plus de spiritualité. Bref, si vous prévoyez de visiter la Birmanie et que vous souhaitez tout de même monter voir le rocher, au moins vous savez à quoi vous attendre !

Après la visite, je rejoins Thomas pour redescendre la montagne. Là encore le trajet est long et entassé, mais nous savons à quoi nous en tenir.
Arrivés au village de Kyaikto, la crainte de Tom se révèle exacte : il n’y a plus de place dans les bus pour Hpa-An. Après 1 heure à poireauter et à tenter de trouver un autre moyen de transport, le vendeur de billets nous dit finalement que l’on peut monter dans le bus si on accepte des billets pour des mini-tabourets dans l’allée centrale, pour les 3h de trajet. Forcément, on a accepté, et 30 minutes après, nous voilà dans le bus !

Pour notre plus grand bonheur, plusieurs personnes sont descendues du bus au bout de 45 minutes, nous offrant finalement de vrais sièges pour finir notre trajet jusque Hpa-An !

Le train, nouvel épisode

Il semblerait que nous ne touchions qu’aux extrêmes avec le train.
Après le tout-confort Indien, nous avons pris à nouveau le train en Birmanie, au départ de Lake Inle pour… Yangon! Ça fait une sacrée distance à traverser, 24 à 30h de trajet. 
Pour ceux qui connaissent la patience de Tom, je vous laisse imaginer comme il m’a haï tout le trajet ! Mais malgré tout, le voilà avec moi dans cette aventure ! 

A écouter en lisant le post, histoire de vous mettre dans l’ambiance 😉

Dû au Nouvel An Bouddhique, célébré sous forme de fête de l’Eau, qui purifie les âmes pour une nouvelle année, le pays entier est en vacances pour 5 jours. Beaucoup de choses étaient fermées au lac Inle, et les bus stoppés. Nous avions donc le choix entre le train ou l’avion.
Ne me demandez pas pourquoi on n’a pas choisi l’avion sur ce coup là, nos arguments se valaient hier encore, mais en cours de journée, ils se sont avérés non valables…

INLE LAKE – THAZY

Nous voici donc partis à 7h ce matin pour la gare d’Inle Lake.
Plus de Upper Class disponible, ça sera donc 2 sièges en Ordinary Class pour rejoindre Thazy, à 156km. 156? Me direz-vous, ça va, pas trop long. 
C’est bien entendu sans compter sur le fait que le train passe par la montagne et qu’il est le plus lent de la Birmanie. Comptez donc 12h. 

Les 3 premières heures se sont plutôt bien passées. Il y a un coq dans notre compartiment qui chante régulièrement, ce qui rend le truc assez marrant et des gens vendent de l’ail et d’énormes choux, qui trouveront des acheteurs bien entendu. 
A chaque arrêt, des femmes vendent leurs snacks aux fenêtres, malheureusement beaucoup sont des produits en plastique et à peine ingérés, les emballages sont balancés par les fenêtres le plus naturellement du monde…

On se sent un peu observés par les locaux, qui doivent se demander ce qu’on fait là, et au bout d’un moment, nous aussi. En effet, tout chavire à notre arrivée en gare de Kalaw, à 11h30. 
Un conseil pour les lecteurs : NE PRENEZ JAMAIS DE TRAIN EN BIRMANIE PENDANT LA FÊTE DE L’EAU !! (Ou ne voyagez jamais en Birmanie en Avril fonctionne aussi). 
Le principe de la fête est d’arroser les gens. Se prendre un seau d’eau en pleine rue passe encore, on sèche vite avec cette chaleur. Mais imaginez que les fenêtres du train n’ont pas de vitres.
Voilà. Pendant donc 9h, notre voyage s’est résumé à éviter et (le plus souvent) à prendre des seaux d’eau dans la tronche.

Il y a ceux qui montent à bord exprès pour te balancer le seau, et ceux plus gentils qui y vont juste avec la lance à incendie depuis le quai. Et puis aussi ceux dans le train, bourrés, qui vident leur bouteille d’eau sur les passagers quand on passe dans les tunnels non éclairés.
Ces derniers sont ceux qui auront réussi à briser ma patience et ma joie de prendre le train ici.

Je tente de lire malgré tout, il faut s’occuper pendant 12h. La liseuse va se prendre 2 ou 3 arrosages, mais elle tient le choc ! A côté de nous, un gentil couple Birman nous propose de temps en temps de partager leurs snacks, des morceaux de pommes confites épicées, bizarre mais plutôt bon.

A 17h nous avons quitté les montagnes, et il fait lourd. Avec la vitesse, le vent chaud s’engouffre par la fenêtre, comme si on vous soufflait un sèche cheveux dessus en pleine canicule. On sue comme on a rarement sué. Les vêtements collent, on est poisseux, on adore.

Nous arrivons à Thazy avec un peu d’avance, il est 18h30. Nous avons bon espoir d’être à l’heure pour avoir des tickets pour le train Express de 19h45.
Arrivés au comptoir, l’agent nous dit que ce train est complet… Nous avons maintenant plusieurs possibilités pour rejoindre Yangon : continuer avec notre 1er train qui repart à 22h, en ordinary class donc en étant sûrs de ne pas dormir, ou prendre celui de demain matin, en venant tôt pour avoir un ticket en Upper Class. Il fait toujours une chaleur écrasante malgré que le soleil soit couché, sans une once de vent. Sans grande hésitation, nous choisissons la seconde option, il y a une guesthouse à 10 minutes de la gare ! A nous la douche, un lit et de l’eau fraîche !!
10 minutes plus tard, nous arrivons littéralement trempés de sueur.
La chambre est équipée d’une « clim » qu’il faut relancer toutes les 20 minutes, d’une douche d’eau chaude et d’un lit dur, et ça fera notre bonheur pour la nuit !

THAZY – YANGON

7h45 du matin. Nos nouilles du matin avalées, nous voici de nouveau à la gare pour espérer avoir des tickets. Lucky us, l’agent nous a réservé des tickets en Upper Class pour le train de 8h45, notre voyage du jour sera donc plus confortable.

A bord, on a des sièges confortables, et surtout des ventilateurs et des fenêtres vitrées pour éviter les seaux d’eau du jour !!

14h00. Rien ne marche contre la chaleur, même les ventilateurs. Tout le monde sue à grosses gouttes. Pas de seau d’eau balancé aujourd’hui, mais on traverse des villages où la musique est à fond, les gens dansent sous un gros jet d’eau! (Là je les envie !!) C’est encore la fête aujourd’hui !

Stop très rapide à Naypyitaw, juste à temps pour demander à une dame qui cuisine sur le quai une barquette de riz et des « Chili vegetables » très pimenté. C’est bon, et maintenant on a aussi chaud dedans que dehors !

Le voyage continue, c’est long. 
On regarde une série / on lit / quand est-ce qu’on arrive /c’est long / on discute / t’a vu, les Birmans aussi ont chaud… / je te hais avec tes idées à la con ! / au moins hier le temps passait plus vite quand on était sur le qui-vive pour éviter l’arrosage / c’est beau dehors avec la lumière de fin de journée ! / plus jamais le train / aller je fini mon livre / p***** on a pas avancé en 30 minutes ! / un nouveau film…?

22h. Nous arrivons à Yangon après avoir roulé pendant 13h, avec 2h de retard. Rincés. 
Cette fois l’hôtel est impeccable, on est méga contents, on est arrivés !! 

Conclusion :
Une fois au frais on ne se hait plus, on apprécie beaucoup plus les petits bonheurs après des moments pas très agréables, Thomas continue de dire « plus jamais le train » (j’écris ce post dans le train pour Bangkok…!), on a perdu notre patience, mais on se fait à ne pas toujours avoir le contrôle, et… on relativise carrément sur la SNCF !!!