Bon vous avez lu le titre et donc vous savez déjà que je vais parler d’Inle Lake, mais pour ceux qui ne connaissent pas laissez moi vous décrire le lieu: un lac immense entouré de montagnes où cohabitent jardins flottants, pêcheurs et villages sur pilotis.
Un décor magnifique qui nous a souvent été recommandé et où nous avons choisi de poser nos sacs à dos pour plusieurs jours. Après un trek sous un soleil de plomb on a besoin de se reposer et pour se faire rien de tel qu’un superbe ecolodge (the viewpoint) pour retrouver des points de vie de façon responsable.
L’ecolodge a part ailleurs ravivé notre volonté d’ouvrir notre propre concept d’ecolodge, et les idées ont fusé en commençant par la piscine. Il faut dire que celle de l’hôtel est originale : une sorte de ballon d’eau dans un étang!
Notre séjour n’a pas été que farniente au bord de la piscine et pas de tout repos non plus car nous sommes arrivés en plein festival de l’eau. Oui, on enchaine les festivals après Holi au Népal. Le festival de l’eau c’est quoi? 5 jours de congés pour tout le pays pour célébrer la nouvelle année Birmane. Et pendant ces 5 jours tout le monde se jette des seaux d’eau, fait la fête, chante, danse, … une bonne ambiance mais pas vraiment reposante.
On en a aussi profité pour faire nos touristes à la découverte de toutes les pépites d’Inle Lake:
1) Les marchés de jour comme de nuit, un labyrinthe de petites ruelles où l’on peut trouver tout et n’importe quoi. Petites ruelles pas seulement parce qu’elles sont étroites mais aussi parce qu’elles sont couvertes de bâches à hauteur de Birmans, donc pas de Thomas…j’ai eu l’impression d’être Casimodo faisant son marché. Les marchés sont aussi toujours une expérience culinaire grâce à la fameuse street food qu’on retrouve partout en Asie.
On retrouvera Marlene et Edouard (les français rencontrés à Kalaw) pour une soirée très sympa sur le night market où on testera plusieurs nouveautés culinaires.
2) Une excursion en bateau traditionnel pour découvrir le lac et l’artisanat local. De loin une de nos meilleures journées, mais aussi la plus chargée. Notre guide nous a fait découvrir son lac tout en évitant les attrapes-touristes en nous emmenant à de petits ateliers où nous rencontrons :
Des rouleurs de cigares, franchement n’étant pas fumeurs rien d’impressionnant, surtout après avoir visité les plantations et fabriques de cigares à Cuba.
Un atelier qui travaille la fibre de lotus, d’ailleurs j’étais surpris de voir qu’on peut faire du tissu à base de lotus. Il suffit de casser la tige et de torsader la fibre interne pour en faire du fil!
Des sculpteurs d’argent qui donnent vie à des objets fabuleux après de subtils coups de marteau.
Les femmes au long cou, un peu déconcertant car on sait qu’il s’agit d’une vieille coutume de la tribu locale mais on ne peut s’empêcher d’avoir mal pour elles. La tradition impose aux femmes de porter des colliers d’or dès l’âge de 9 ans.
Photo prise spécialement pour Linda 😉
Une petite escale dans les jardins flottants où des plants de tomates poussent sur des petits parterres flottants grâce à l’abondance d’algues/plantes flottantes de type nénuphar. On a même marché dessus et c’est comme marcher sur un flubber. (Car tout le monde a déjà marché sur un flubber, pas vrai ?)
Pour finir nous nous sommes rapprochés des fameux pêcheurs du lac. Une vraie prestation du Cirque du Soleil, ils pêchent tout en équilibre sur la pointe de leur bateau et plus impressionnant ils naviguent avec une rame tenue par leur jambe.
3) Un peu bloqués par le festival de l’eau, il nous reste un endroit que l’on souhaitait visiter: Indein.
Indein est un site recouvert de vieilles stupas mais pas dans le style de Bagan car ici on a l’impression que le concept architectural était d’avoir un maximum de petites stupas au mètre carré. Le lieu proche de la rivière vaut le détour et beaucoup de stupas ont été rénovées avec à leur pointe une sorte de petite ombrelle remplie de clochettes ce qui rend le lieu encore plus magique à chaque brise de vent.
Animal de naissance pour Laura : Un homme-oiseau !
Animal de naissance pour Thomas : un cochon d’Inde !
Nous réaliserons trop tard que la montagne environnante produit du très bon vin mais à défaut de visiter les domaines viticoles nous auront goûté le vin dans un des restaurants de la ville.
Inle Lake c’est déjà fini et demain direction Yangon avec 30h de train.
Nous quittons Bagan pour la ville de Kalaw, à 3h de route en bus. La chaleur au départ est toujours très lourde, heureusement un petit vent frais agréable nous rafraichit en arrivant dans la ville de départ de notre randonnée de 3 jours !
Kalaw est une ville de style colonial, où on sent bien l’ancienne présence anglaise. Notre guide Min Min nous emmène dans une cave aménagée avec une tonne de petits Buddha’s, où les coupures d’électricité se produisent toutes les 2 minutes. Claustrophobes, s’abstenir !
MinMin nous emmène dîner, mais pas question de dîner sans avoir bu avant. Notre ami Birman boit, « only evenings ». Ça nous a un peu surpris car tous les soirs ça nous paraît déjà pas mal, mais apparemment les locaux ont tendance à boire beaucoup et tout au long de la journée. Nous nous retrouvons donc dans un bar étroit, où des hommes sont assis autour du bar. Une seule boisson : le rhum sour. D’après le patron, c’est comme un mojito, mais différent !
Ça joue de la guitare, tout le monde chante. (Les mélodies birmanes sont apparemment copiées des musiques américaines, avec de nouvelles paroles), le moment est très agréable.
Nous dînons à un petit stand de rue une bonne assiette de nouilles aux légumes, où nous faisons la rencontre de Marlène et Édouard, de la région de Nantes, et que nous reverrons plus loin en Birmanie.
Trek – de Kalaw à Uapu / 6h de marche
8h30, nous partons directement de notre guesthouse avec MinMin pour découvrir les montagnes birmanes de la région Shan. Les plantations de thé vert sont partout autour du sentier, et dans les villages, feuilles et branches de curcuma sont en cours de séchage sous un soleil de plomb.
A midi, MinMin nous sert un repas absolument délicieux, qui rentre dans le top 5 depuis notre départ ! Comme au Népal, les hommes jouent au Zeko sous l’auvent de la cabane. C’est une sorte de billard à jetons. Chaque joueur à 8 cartes, et doit tirer les jetons, qui ont le même chiffre que leurs cartes, dans les trous.
La randonnée se poursuit, tantôt sur la route, tantôt sur de petits sentiers, tantôt sur les rails. Ici pas de risque d’être percuté par un train, il est particulièrement lent, on a le temps de le voir arriver. C’est d’ailleurs la route empruntée à pied par tous les villageois.
Les enfants balancent des seaux d’eau aux voyageurs…!
Nous discutons avec MinMin, de l’informatique à l’agriculture, en passant par le bouddhisme. Le temps passe plus vite, il est 16h45 et nous voici arrivés à Uapu, notre village pour la nuit.
Nous dormons chez l’habitant, où la maîtresse de maison (dont je n’ai pas réussi à comprendre le prénom..) passe 2h à nous cuisiner quantités de nourriture délicieuse là encore. Comme dit MinMin, il faut de l’énergie pour marcher !
La « douche au seau » fait beaucoup de bien et même si le confort est très sommaire, il nous convient parfaitement !
Notre chambre
Douche au seau
La cabane au fond du jardin…!
On discute dans la cuisine tout le long, accompagné d’un apéro, et d’une magnifique lumière de fin de journée qui perce les planches de bois.
Il nous raconte sa vie, et celle de sa famille. Bien que né en Birmanie, il se dit Népalais puisque son grand père, Népalais, est resté au Myanmar après avoir combattu comme soldat de l’armée Népalaise pour la Birmanie.
Le moins qu’on puisse dire c’est qu’à à peine 36 ans, il en a vécu, de sacrées épreuves. Sans argent en poche et sans visa, il est parti chercher du travail en Malaisie, où il enchaîne les petits boulots mal payés et craint la police qui le renverra en Birmanie s’il est attrapé. Un jour il rentre avec assez d’argent, rencontre sa femme (d’origine Népalaise également) en Thaïlande, et rentre s’installer à Thazi pour être guide touristique de treks autour de Kalaw. Le tourisme lui apporte suffisamment d’argent pour faire vivre toute sa famille, il est très fier que sa mère et sa femme n’aient pas besoin de travailler, même s’il est « parfois en colère qu’elle ne comprenne pas la vie difficile des travailleurs, et gaspille parfois l’argent ».
Épuisés, nous allons nous coucher pour apprécier une bonne nuit de sommeil. Enfin… jusqu’à 21h30 où une grosse araignée tombe du toit sur le bord du lit.. en pleine lecture, j’ai pu avertir Thomas et déguerpir avant que le monstre ne nous mange, fort heureusement ! Chassée par le propriétaire des lieux, notre sauveur, nous tentons de nous endormir. Chose impossible pour moi, convaincue que la maman de la grosse araignée va finir par venir chercher sa fille … je passe donc la nuit dans un demi-sommeil, sursautant toutes les 30 minutes pour guetter autour de moi.
Demain est la plus longue journée de marche avec 7h, ça promet…
Jour 2: de Uapu à Part Tu, 7h de marche
A 4h30, les moines commencent à chanter, mettant fin à la nuit de tout le monde. Sortis du lit à 6h, tout le village est déjà attelé à la tâche, profitant de températures plus douces de l’aube.
Une nouvelle journée de marche démarre à travers les champs de terre rouge, les rizières à sec, les banians trees (l’arbre du Bouddha) sur des sentiers en plein soleil.
A midi, posés dans une cabane, nous nous accordons 1h30 de sieste régénérante !
Toujours dans la discussion avec notre guide, il nous explique qu’il n’y a pas de réseau électrique reliant les villages, contrairement aux villes. Les habitants utilisent donc des panneaux solaires donnés par les ONG, faisant écho aux projets visités en Inde et au Népal.
Après quelques raccourcis pris pour notre plus grand bonheur, nous arrivons à 17h à Part Tu.
Le village est très joli avec ses maisons de bambous, et les buffles partout.
2 jours avant, nous avions choisi pour le logement de rester au monastère. Après la nuit précédente nous n’étions plus si sûrs de ce choix, et la visite du monastère du village, en bois, avec des ouvertures partout parfaites pour les araignées, finirons de nous convaincre, sous l’œil amusé de MinMin.
C’est donc Uan qui nous accueille chez lui ce soir, dans une grande maison assez similaire à celle de la nuit précédente. Là encore nous partageons un très bon moment dans la cuisine, et dégustons un repas digne de ceux de la veille.
La fatigue l’emporte sur la phobie, à peine 22h que nous dormons tous les deux comme des bébés, oubliant les bestioles.
Jour 3 – Part Tu à Inle Lake – 4h de marche
Ouf, dernier jour de marche dans la chaleur ! Les paysages de la veille se répètent, à ceci près que nous rejoignent désormais tous les groupes de marcheurs.
Après 4h30 de marche et des litres de transpiration (glamour toujours), nous voici enfin à Indein, pont d’embarquement pour le village au nord d’Inle Lake ! Victoire !
Le déjeuner englouti, nous montons sur la pirogue pour 1 h de traversée. Le paysage est absolument magnifique, nous sommes heureux d’être enfin à l’étape tant attendue de la Birmanie ! Un petit stop auprès des pêcheurs, MinMin achète quelques poissons pour la Fête de l’eau, difficile de faire plus frais ! Inle Lake, here we are!
Par où commencer… Bagan est une ancienne cité qui a pour caractéristique d’avoir la plus forte densité de temples boudhistes au monde, dont la plupart sont du 11-12ème siècle. Tout est dans le titre il y a plus de 2800 temples sur 42 km2! Le nom ne vous parle peut-être pas et pourtant c’est LA carte postale de la Birmanie: un levé de soleil avec des montgolfières survolant de somptueux temples.
Pour moi Bagan était dans notre to-do list depuis plusieurs années, je pense quasi depuis 10 ans, je me souviens encore d’une émission TV parlant de l’ouverture de la Birmanie aux touristes avec des vues de Bagan qui m’ont tout de suite donné l’envie de visiter le pays. Contrairement à beaucoup de personnes que nous avons rencontrées, ce n’est pas Pekin Express qui nous a motivé.
Nous sommes restés 3 nuits à Bagan, ce qui nous a vraiment permis d’explorer cette cité en appréciant ses différentes facettes et le moins qu’on puisse dire c’est que ces 4 jours ont été intenses.
Que de chaleur !
La première chose est quelle chaleur!!! On savait que nous n’avions pas choisi la meilleure période pour visiter la Birmanie mais je ne pensais pas souffrir autant de la chaleur, je pense qu’Amsterdam commence à changer mon métabolisme, 40°C dans l’après midi. Petite pensée à Milena et Loïc: Cuba c’était frais à côté! Heureusement notre hôtel avait une piscine, une vraie petite oasis ce qui doit certainement le nom à l’hôtel! Pour la première fois Laura m’entendait la supplier pour aller à la piscine. Un vrai plaisir de 13 à 16h, le must c’est qu’elle était fraîche, enfin j’imagine qu’elle devait être à 30°C mais bon c’était quasi comme rentrer dans une eau de rivière avec la différence de température.
Indiana Jones à la recherche de la pagode perdue !
La première attraction de Bagan est bien évidemment de visiter les pagodes, stupas et autres temples éparpillés dans de grandes plaines arides. Tout le monde veut absolument voir ce spectacle magnifique qui est le lever et coucher de soleil sur tous ces temples.
Beaucoup de choses ont changé ces dernières années suite au tourisme qui s’intensifie, par exemple il est désormais interdit de monter sur les pagodes à la recherche du meilleur point de vue et des bûtes de terres ont fait leur apparition où des centaines de touristes se tassent pour faire LA photo. Au moins le gouvernement fait quelque chose pour préserver ce trésor déjà bien endommagé notamment par plusieurs séismes dans la région.
Étant sur Bagan pendant la saison basse nous n’avons pas vraiment été dérangés par ce tourisme de masse. D’ailleurs la plupart des restaurants étaient vides. Mais histoire de vivre l’aventure jusqu’au bout, nous avons loué un e-scooter (écologie oblige) pour se perdre dans les chemins de sable et trouver le temple où il n’y a personne avec une superbe vue et faire la visite de l’intérieur à la frontale tel Indiana Jones à la recherche d’un trésor. Je vous promets qu’on s’y croyait d’ailleurs on avez toujours la musique du film en tête. C’était vraiment super et notre petit endroit secret restera secret 🙂
Ces aventures n’étaient pas de tout repos car déjà il fallait bien évidemment se lever à 5h tous les matins pour le lever de soleil mais surtout faire un maximum de off road histoire de trouver la perle rare ce qui nous a causé enlisement dans le sable, ou encore la perte de la béquille du scooter qu’il aura fallut réparer avec l’élastique à cheveux de Laura, le tout sous un soleil de plomb où même le vent est chaud.
Balloooooon !
Quoi de mieux qu’un tour en montgolfière pour continuer l’expérience Indiana Jones et surtout bénéficier d’une vue d’ensemble sur ces magnifiques temples. Une première pour moi et je vous spoil tout de suite c’était GÉNIAL, d’ailleurs les gars vous êtes chauds pour acheter une montgolfière avec moi?
Bon l’expérience était vraiment premium: pick up à l’hôtel, petit dej aux chandelles pour le briefing avec notre pilote et l’équipage qui sera 100% français. On a d’ailleurs encore une fois rencontré des gens supers : un couple de ch’timi qui bossent à Décathlon, une fille de Bordeaux qui fait un tour d’Asie pour faire du volontariat et 3 belges en vacances en Birmanie et qu’on retrouvera le soir pour un dîner dans la ville.
Revenons à l’expérience montgolfière, comme je vous disais c’était vraiment exceptionnel. Cette sensation de s’élever et se déplacer sans bruit est troublante durant les premières minutes mais ensuite le kiff absolu! Je ne vous parle pas de la vue, les photos font le taff!
Ce déplacer au gré du vent est un challenge en soit mais notre Pilote Canadien JJ a fait le trajet le plus long mais surtout le plus intéressant car nous avons vraiment survolé le vieux Bagan alors que les autres ballons se sont retrouvés à suivre le lit de la rivière. Bon c’est un peu mon esprit compétiteur qui parle mais j’avoue que j’aurai eu les boules d’être dans une des autres montgolfières. Après un rase motte au dessus de la rivière afin d’attraper les vents pour nous ramener sur la rive, nous voici posés au sol attendant le reste de l’équipage qui nous a rejoint en bateau pour poser le ballon. L’expérience premium continue avec le champagne servi au pied du ballon – on apprend d’ailleurs que c’est une tradition depuis que les frères Montgolfière ont été sauvés d’une attaque de paysans qui n’ayant jamais vu de montgolfières pensaient se faire envahir par des esprits maléfiques. Une bouteille de champagne à la main avec le saut du roi apaisa les paysans.
A écouter pour vous mettre dans l’ambiance !
Après tant d’émotions et de retour sur la terre ferme, on continue la découverte de l’artisanat si riche des Birmans : Fabrication d’ombrelles en papier et bambou puis l’école de laque sur bambou, dont les techniques ancestrales sont vraiment impressionnantes. Les spectacles de marionnettes ont également une grande importance en Birmanie comme ailleurs en Asie, et le show plutôt marrant. Nous passons également par le musée du Tanakha, cette poudre de bois du même nom que tous les Birmans utilisent comme soin pour la peau : Et en effet, ça semble plutôt bien protéger du soleil et des moustiques.
Bagan, un autre rêve devenu réalité!
(Note de Laura : Comme vous le voyez, il a été trop difficile à Bagan de tenir mon engagement du “moins de photo c’est mieux”, la faute à tous ces jolis temples !! Mais bon, un petit écart de temps en temps, ce n’est pas bien grave..!)
Nous voici en train de traverser la campagne birmane. Il fait lourd, aussi bien dehors que dans le mini van que nous avons loué avec un couple Allemand. Nous pensions quitter Mandalay pour Bagan en bateau, mais saison sèche oblige, il n’y a plus d’eau dans le lit de la rivière Irrawaddi.
MANDALAY
Les 2 premiers jours de notre étape birmane ont été un peu mitigés : Mandalay ne nous a pas tellement convaincu avec ses visites touristiques tel que le Palais Royal, alors que l’artisanat y est bien plus intéressant: des batteurs de feuilles d’or aux sculpteurs de Jade, les locaux négocient leurs achats dans les salons de thé d’à côté ou passent commande dans les ateliers.
Il faut préciser qu’à notre arrivée nous avons été surpris par la tenue traditionnelle du pays, le longyi. C’est une sorte de longue jupe, portée par femmes et hommes, et noués au niveau du nombril. Si bien qu’on dirait un peu que tout le monde sort de la douche, serviette encore nouée autour de la taille, et qu’ils sont sortis en oubliant d’enfiler un pantalon…! 😀
Nous faisons une longue balade dans les « faubourgs » de la ville, où tout le monde nous dit bonjour et nous fait de grands sourires. Il ne doit pas y avoir grand monde qui vienne dans ce quartier qui est pourtant celui qui nous a le plus séduit !
La balade se poursuit au monastère du quartier – il y a des monastères à tous les coins de rue presque – où une famille est en pleine séance photo, habillée en tenues traditionnelles. Le père de famille m’explique qu’ils célèbrent le noviciat des enfants. Juste avant les vacances du Nouvel An, les parents peuvent décider d’envoyer leur enfant au monastère afin de devenir moine. Ainsi, la majeure partie des enfants âgés de 8 ans quittent le domicile familial pour 5 jours par semaine pour étudier les préceptes du Bouddha. Chaque personne entrant au monastère a le droit d’arrêter sa formation quand il le veut, mais nous n’arrivons pas tellement à savoir si c’est une honte pour la famille ou si c’est accepté.
En effet, être moine ou nonne pour les femmes, est très contraignant. Pas de possession matérielle, pas d’attachement. Néanmoins nous verrons un peu plus tard qu’il y a beaucoup de moines profitant de la vie au monastère sans en suivre toutes les règles, car certains fument, boivent et possèdent un smartphone. (Ils s’exposent à des sanctions importantes pouvant aller jusqu’à l’exclusion de la communauté.) Chaque matin, les moines traversent leur ville ou village avec un bol dans les mains pour les donations. Les villageois accourent pour leur donner de la nourriture ou de l’argent, qui servira pour les repas et l’entretien du monastère.
Il fait presque nuit quand on arrivons devant une magnifique stupa dorée, où les gens se retrouvent chaque jour pour prier.
Nous finissons la journée dans un très bon restaurant pour nous initier aux spécialités du pays.
LES ALENTOURS DE MANDALAY
Le lendemain, impossible pour moi de me lever à l’heure pour partir visiter les anciennes villes royales. Insolation de la veille ou indigestion ? Le mystère restera complet. A 10h je prend quand même sur moi pour accompagner Thomas dans les visites, convaincue par un taxi tout confort nécessaire pour rejoindre chaque ville éloignée de 30 min à 1heure de route. Je passe chaque minute du trajet à dormir.
La première ville, Sagaing semble très jolie mais nous la traversons juste pour aller au monastère voir les bouddhas alignés. La chaleur écrasante rend la visite difficile, mais cela reste grandiose.
Innwa, le deuxième stop, est un magnifique village rempli de stupas antiques. Un avant-goût de Bagan ! Nous y croisons là encore beaucoup de cortèges célébrant le noviciat des enfants du village.
Nous finissons le tour avec le célèbre pont U-Bein qui est sur toutes les cartes postales, qui est le pont en bois ( teck ) le plus vieux et le plus long du monde. Nous devions y arriver pour le coucher du soleil mais nous y sommes déjà à 15h donc après un coup à boire, nous reprenons la route pour l’hôtel et passer le reste de l’après-midi à se reposer.
Jour 1 : Nayapul à Ulleri – 11,87km / 3h de marche / 2h20 de pauses / dénivelé positif : 2300m, négatif: 1400m.
Nous sommes partis pour un trek de 4 jours au bord de la chaîne des Annapurnas, dans l’Himalaya. Pour les Népalais, Poon Hill (3270m d’altitude) n’est pas une montagne mais une colline. En fait, tout ce qui se trouve en dessous de 5000 m d’altitude est une colline. Donc le Mont Blanc n’est pas une montagne ici ! De quoi avoir l’impression que notre ascension va être facile….
Partis à 10h de Nayapul (1025m d’altitude), nous montons par la route avant d’emprunter un chemin composé de 5000 marches… Nous nous mettons le petit défi d’arriver à la première étape à 15h au lieu de 15h30, histoire éviter l’orage annoncé.
Des ponts suspendus, des centaines de marches et des litres d’eau plus tard ( bu et transpirés..) nous arrivons à destination à Ulleri (1950m) à …15h10 ! Pas trop mal !
La vue est complètement couverte, il fait froid et les gouttes tombent 20 min après. Je me plonge alors dans le livre de Maurice Herzog, leader de la première expédition à avoir franchi une montagne de plus 8000m d’altitude, le 3 juin 1950. Difficile d’imaginer cet exploit : pas de chemin ni de marches à travers la forêt ni dans la neige, pas de maison où dormir, mais des tentes dans les tempêtes… des hommes en milieu hostile, en pleine nature, créant un premier passage. Lire ce livre en étant au même endroit et à la même période (leur voyage commence fin mars) à quelque chose d’incroyable, comme si la scène se passait devant moi. Je n’ai qu’à lever les yeux du livre pour contempler le paysage décrit dans ces pages. Comme deux espaces-temps qui se superposeraient. Bon c’est vrai, à l’exception près que nous nous arrêtons à la partie forêt, et que nous ne franchirons pas la partie « montagne » de roche et de neige éternelle. Cette partie là, on la découvrira uniquement à travers le livre et ça sera déjà très bien !!!
Ulleri
Jour 2 : Ulleri à Ghorepani / 9km / 2h30 de marche / 2h40 de pauses / dénivelé + : 2672m et – : 1840m.
16h00. Nous voilà regroupés autour du poêle à bois. 8 personnes, 3 groupes de trek différents, arrivés dans ce grand gîte de 200 chambres dans le brouillard de Ghorepani. Nous sommes à 2860m d’altitude.
Il fait très froid, le brouillard se transforme en pluie vers midi puis en orage pour finalement déclencher une tempête de grêle comme on en a rarement vu. Les toits de tôle tremblent, le boucan est impressionnant, tout comme les tas de grêles qui s’entassent sur le sol. Les guides Népalais eux-mêmes sont impressionnés, mais personne n’est vraiment surpris, les prévisions météo n’avaient pas menti. Et nous sommes vraiment contents d’avoir pris la décision de partir plus tôt que prévu ce matin….
….
6h30, le réveil sonne. Un petit déjeuner un peu basique, les sacs rangés, et nous voici sur les escaliers d’Ulleri. Objectif du jour, grimper pendant 4h30 à 800m de dénivelé, jusque Ghorepani, là où se trouve notre gîte du soir.
La rando est plus tranquille qu’hier. Notre guide nous raconte des histoires d’anciens treks, autour du camp de base de l’Annapurna et du Dhaulagiri. Tout cela fait écho à mon livre, c’est une immersion totale dans l’expédition de Maurice Hergoz.
Les escaliers se transforment enfin en chemin de terre, la météo est agréable pour monter, c’est un moment parfait.
Sur la route, nous rencontrons celle que nous rêvons d’adopter : Mozza de son nouveau nom, une bufflonne aux oreilles poilues qui se serait vraiment bien faite à notre petit jardin. Malheureusement nous apprenons qu’à la fin de sa vie, elle finira en MoMo (le choc!).
Mais finalement son surnom lui va comme un gant, le diminutif de Mozza n’est autre que Momo …
Entre 2 lianes de la rainforest que nous traversons, des ponts et d’autres fermes. Le paysage est superbe.
2540m. Il est 10h, et nous prenons notre déjeuner de midi puisqu’ensuite il n’y aura pas d’autre village avant le gîte. Les pics des Annapurnas sont toujours cachés dans les nuages, mais pour le moment nous avons une percée du soleil.
Un Daal Bhat délicieux dans le ventre, et nous entamons les 2 dernières heures de marche. Toutes les montagnes sont recouvertes de rhododendrons aux fleurs rouges, qui auront disparues la semaine prochaine. Ce sont des arbres centenaires noueux entourés de fleurs de jasmin sauvage qui embaument le chemin. Les photos ne rendent pas grand chose car la lumière grise écrase tout, mais le spectacle vaut vraiment le coup.
La montée passe vite, il est midi quand nous passons la porte du village de Ghorepani ! (2900m). Il fait plus froid maintenant, nous voici dans le nuage. Encore quelques escaliers pour mener au gîte, que nous n’aurions pas trouvé sans notre guide. Le gîte est là. Juste à temps. 10 minutes après, la pluie commence à tomber..
Apres une bonne sieste, je retrouve donc Thomas avec les 6 autres autour du fameux poêle. Il est 16h30 quand la grêle finit par se calmer. L’électricité va et vient, les nuages bougent vite et nous guettons tous l’horizon, espérant une éclaircie pour apercevoir les montagnes que nous sommes tous venus voir. Parfois un bout de montagne enneigée se montre, sans pour autant dévoiler de sommet. La bonne nouvelle, c’est qu’après un si gros orage, il y a de grandes chances que la vue se dégage pour demain matin ! Dire que l’une des chaînes de montagnes les plus hautes du monde se cache derrière ces nuages…!! Il n’y a plus qu’a croiser les doigts pour que la météo soit clémente.
Jour 3 : Ghorepani – Poon Hill – Bhaisi Kharka: 15,5 km / 4h30 de marche / 5h de pauses / dénivelé + : 1055m et – : 1360m
Ce matin, le réveil fut difficile. Après une nuit froide et peu de sommeil, le réveil sonne à 4h30 pour monter en haut de la colline avant le lever du soleil. Équipés de nos frontales, c’est avec grand peine pour moi que nous montons les marches et 400m de dénivelé qui mènent à Poon Hill tower. Nous y arrivons à 5h30, à 3270m d’altitude tout de même, devinant déjà la silhouette des célèbres montagnes ! Le spectacle s’annonce magnifique. L’orage de la veille a laissé place à un ciel sans nuage avec beaucoup de chance !
Dès les premières lueurs du jour, les pics apparaissent de plus en plus clairement, d’abord dans une lueur bleue puis des rayons dorés illuminant quelques zones, pour finalement refléter les rayons sur la neige d’une lumière blanche vive.
Nous restons là un bon moment, admirant Dhaulagiri la plus haute (8167m!) ainsi que South Annapurna,(7220m) Tuchuke Peak, … et bien d’autres.
Face à un tel paysage, on est émerveillés. Nous voilà face à certains des plus grands sommets de notre planète. On se sent petits, et on peine à imaginer ces alpinistes de l’extrême qui tentent de grimper ces pics enneigés par de nouveaux chemins.
La redescente se fait au soleil, tout comme le début de la journée après un petit dej au gîte où nous avions laissé nos affaires. Mais bientôt, nous remontons un nouveau sommet de « colline », également à 3210m. Un autre point de vue sur les montagnes, et surtout le chemin qui continue sur la crête pendant 1 bonne heure.
Le chemin est vraiment magnifique, traversant la forêt humide, couverte de grêle et de fleurs de rhododendrons !
1000m plus bas, et après un délicieux Spring Roll pour le déjeuner, nous montons pour descendre et ainsi de suite. Le chemin est boueux et glissant, il n’en fallait pas plus à ma cheville pour se tordre dans un craquement pas très agréable. Je me relève malgré tout, nous sommes proches de Tadapani. Mais nous ne pouvons pas nous y arrêter, car notre étape est sensée être Gandruck à 2h30 de là… et un nouvel orage menace.
Nous avançons lentement et avec prudence tant que mon pied reste chaud, jusqu’au mini village de Bhaisi Kharka (2480m) à 1h30 de notre destination. C’est la bonne décision car 10 min après, le déluge de pluie et de grêle recommence. Un groupe passe par là, il se trouve que l’un d’eux, Miguel, est médecin, et m’offre très généreusement un straps pour garder ma cheville immobile, histoire d’avoir une chance de repartir demain.
L’après midi ressemble aux 2 premières, nous regardons les grêlons tomber dans la pièce à manger, là où est le poêle à bois. Ici aussi ça fonctionne à l’ancienne : on prend la douche au seau, dont l’eau est chauffée avant sur le feu, quand à la théière, elle est posée sur le poêle pour la garder au chaud. Les 2 familles qui gèrent les 2 gîtes se retrouvent aussi autour du poêle, et nous voici à écouter des discussions en Népalais. Nous ne sommes pas conviés à la discussion mais qu’importe, écouter les gens parler et rire rend le moment agréable.
En montant nous coucher, je m’aperçois que le ciel est totalement dégagé. Je n’ai jamais vu les étoiles briller autant, c’est impressionnant et magnifique. Une petite session photo et je rejoins Thomas pour nous coucher.
Jour 4 : Bhaisi Kharka – Ghandruk : 6,7km / 1h50 marche / 2h50 de pauses / 538m positif et 1250 m négatif.
La nuit fut glaciale, (environ 6 degrés dans la chambre à 19h, donc bien moins pendant la nuit…) et malgré les deux couettes, nous avons du mal à nous réchauffer. Dès que nous changeons de position, il faut à nouveau réchauffer le côté.
Départ à 7h30 pour la dernière randonnée. Nous sommes censés marcher 6h pour rejoindre Nayapul (1025m), le village de départ. Ma cheville ne s’est pas remise, et nous ne faisons que descendre des marches de roche humides. Notre rythme doit avoisiner les 2km/h…!! Nous voyons toujours un peu les pics enneigés, qui disparaissent à mesure que nous descendons dans les collines vertes.
Après 7km de marche, en nous nous arrêtons donc à Ghandruk (1920m) pour déjeuner puis prendre une jeep pour nous ramener à Nayapul. Impossible pour moi d’aller plus loin en canard boiteuse..
Le trek prend fin, cela aura été une aventure géniale dont nous nous souviendrons longtemps.
L’heure est au repos maintenant, avec une soirée à Pokhara avant un retour à Katmandu pour nous envoler vers la Birmanie, avec une chance immense, la vue sur le toit du monde !!
Nous nous sommes rendus à l’ouest du pays, dans la ville de Pokhara, à 800m en contrebas des montagnes.
La ville est le départ des treks des Annapurnas, et ce n’est donc pas très étonnant de se retrouver dans un quartier ambiance station de ski. Je me rend compte que pour chaque grande ville népalaise, un quartier est dédié aux touristes. Thamel pour Kathmandu, Lakeside pour Pokhara… à l’écart de la vie locale. Ici, vue magnifique sur le lac entouré par les montagnes, la rue est remplie d’hôtels, de restaurants, de boutiques de matériel de trek, de souvenirs. Dommage que l’ensemble ne soit pas plus harmonieux, et que la superbe vue soit pour le tourisme et non pas pour les locaux…
A notre arrivée, il pleut à torrents (littéralement), alors nous décidons de rester tranquille, avec un petit tour du lac. Avec les nuages, le paysage est encore plus joli !
Le lendemain, grande surprise, un grand ciel bleu nous attend, dévoilant enfin quelques sommets des Annapurnas ! On est comme des gamins attendant la neige à Noël, et nous partons en quête d’un point de vue pour en voir plus.
Sarengkot
Un point de vue à 1500m d’altitude au dessus de Pokhara, 3h de rando. Le bus local nous mène au vieux Pokhara (qui est en fait la vraie ville), que nous traversons pour rejoindre la montée au sommet, sous un soleil de plomb.
Après 30 minutes de marche difficile, je lève le pouce en attendant une moto. Le motard va aussi à Sarengkot. Je ne me fais pas prier, je monte derrière lui, et Thomas tentera sa chance avec le prochain scooter. Une chance qui viendra bien plus tard.. mais qu’importe, nous voici presque au sommet, et en ayant gagné 2h30 sur notre journée ! (Et dire qu’on s’est engagés pour un trek de 4 jours…)
Sur le sentier du sommet, et après “tant” d’efforts, nous nous accordons un déjeuner local, dans une mini guesthouse tenue par une famille Népalaise. La petite de 1 an fait ses premiers pas, sa grand mère tente de la faire avancer vers nous, mais c’est peine perdue. A la place elle me lance un « taataaa » auquel je répond par la positive, car oui, je suis Tata pour la 3ème fois depuis 3 semaines !!
Une assiette de riz et 20 minutes de montée plus tard, nous voici enfin face aux montagnes enneigées, simplement sublimes. Nous voyons enfin les pics dont nous avons tant rêvé depuis notre arrivée dans le pays !
La descente sur l’autre versant se fera par une cascade d’escaliers en ardoise dans la forêt, survolée par une horde de parapentes et d’aigles empruntant les mêmes courants d’air chaud.
Arrivés au bord du lac, les petits cafés nous font de l’œil, nous craquons littéralement pour un jus de fruits frais et un muffin, étalés dans des coussins face au lac, entourés d’étrangers défoncés qui fument de l’herbe. C’est le quartier des bars avec vue sur le lac, Happy Hour toute la journée, squattés par les étrangers hippies venus au Népal pour le côté “zen”.
Le soleil s’apprête à se cacher derrière la montagne, et nous assistons à la cérémonie Hindoue du feu Aarti, que nous avions manqué à notre arrivée à Varanasi. La cérémonie, au bord du lac, honore les dieux et – en Inde – le Gange. C’est une cérémonie de purification et de bénédiction baignée d’encens, qui nous replonge dans notre séjour en Inde le temps d’une heure.
Jour 3 Nous prenons un peu plus le temps de vivre ici, et je repars alors en fin de matinée au “café” de la veille pour un cours de Vinyasa Yoga, de ceux qui vous laissent des courbatures. Malin, la veille d’un départ en trek ! (Je crois que Tom a compris ma tentative d’esquive de randonnée…)
La salle de yoga
Le moment se poursuit avec un déjeuner sur place, et on se croit revenus aux Pays-Bas ! Salade verte avec houmous et tomates (ça faisait longtemps !!!) et Néerlandais autour n’y sont pas pour rien… !
Le reste de la journée sera détente et préparation des sacs (à faire le plus léger possible) pour la randonnée. Nous voici prêts à découvrir les Annapurnas de plus près !
Après 4-5 jours dans la région de Katmandou remplie d’histoires et de monuments, il est temps pour nous de nous diriger vers Pokhara qui sera le point de départ de notre trek dans l’Himalaya. Seul hic, Pokhara est à 210km de Katmandu, … et alors c’est quoi le problème? Le truc c’est que 210km au Népal ça veut dire 9h de route!!! D’où l’idée de faire une escale dans un village de montagne typique Népalais.
Le village, vu de notre maisonnette
Nous voici donc parti pour 5h de bus, plutôt confortable, en direction de Bandipur. Bon il faut avouer que Spotify, Netflix et la kindle ne sont pas du tout des produits locaux mais qu’est-ce qu’ils aident à faire passer le temps !
Bandipur est un charmant village avec une artère principale dénommée bazar mais qui n’a rien à voir avec les bazars des grosses villes indiennes.
Ici il s’agit juste d’une rue pavée avec des maisons très typiques principalement en bois où se trouve la majorité des commerces, hôtels et restaurants. Notre guesthouse est d’ailleurs vraiment dans son jus et d’ailleurs un calvaire pour moi car les châssis de portes doivent être proches d’1m60…
Autre petite anecdote que je ne peux passer sous silence, Bandipur a aussi été notre première rencontre avec une ****** araignée, comme un remake de notre voyage à Taïwan: Laura et moi dans la salle de bain quand Laura crie: “sort sort sort”! Non, on est pas dans un épisode de Fort Boyard, mais j’ai tout de suite compris. Donc je sors pour qu’elle m’explique et je re-rentre pour vérifier et effectivement une très grosse araignée était sur la chasse d’eau des toilettes, le genre que ta tongue ne peut pas écraser facilement 🙂 pour finir 2 personnes sont venues pour la chasser.
Bandipur a aussi été l’occasion de nous préparer physiquement pour notre grand trek: le Lonely Planet décrit une balade de 2h pour se rendre à un village voisin. Sans trop prendre connaissance du parcours nous voilà parti sur cette rando qui s’annonce être bien plus difficile que ce qu’on pensait, le retour était interminable…sans eau à grimper un versant de montagne en plein soleil.
Ne nous arrêtons pas à ces détails car au final Bandipur est vraiment un village reposant avec un fort caractère, d’ailleurs pour continuer les analogies avec les Disney on a souvent eu l’impression de se balader dans l’univers de Mulan (je sais elle est chinoise mais l’architecture en bois est vraiment similaire).
Bandipur aura aussi été le premier lieu où nous avons pu brièvement observer les tant attendus sommets enneigés de l’Himalaya! Brièvement car malgré le beau temps un léger voile nous a toujours empêché de voir à l’horizon.
Pour finir nous avons aussi fait la rencontre d’un couple retraité Normand fort sympathique et nous leur souhaitons une très bonne fin de voyage !
NAMOBUDDHA Le projet de l’ONG BRAC que nous avons suivi au Népal nous a mené à Namobuddha, dans l’Est du pays.
Dans le monastère du même nom se trouvaient des dizaines de jeunes moines lisant à voix haute les préceptes du Bouddha, accompagné par un gong immense qui raisonnait jusqu’à l’extérieur du bâtiment !
Ecoutez les moines étudiants chanter !
Le magnifique monastère, planté en haut d’une grande colline, offre une vue sur les montagnes environnantes, de quoi vivre paisiblement. C’est d’ailleurs le nouvel objectif de Thomas, qui se verrait bien emménager ici.
Après 40 minutes de chemin de terre rempli de nids de poule rythmé par les musiques népalaises, dont ce bon vieux “poutoumapoutouuuu poutoumapoutouuuu” qui doit être le tube népalais à la mode (?!), nous voici en direction de Bhaktapur, l’une des 3 anciennes cités royales avec Kathmandu et Patan.
BHAKTAPUR
Bhaktapur est comme Kathmandu en plus petite, en plus authentique. Un coup de cœur!
Coup de cœur en particulier pour le quartier des potiers, où l’un des artisans me propose d’essayer le tour. Je fais un petit pot à partir de l’argile noire qu’il utilise pour montrer ce que j’ai appris à Amsterdam, et il me montre le système de coupe version népalaise, un simple bout de ficelle qui se prend dans la terre et qui permet de ne pas arrêter le tour. Brillant !
PATAN
A Patan, là encore l’endroit est délaissé des touristes. Après une après-midi de visites, nous faisons une pause en traînant sur la place royale Durbar Square, là où les locaux passent des heures assis ensemble à discuter, en buvant un thé massala vendu par des marchandes ambulantes.
Après plusieurs minutes, je remarque un étudiant assis sur le bâtiment d’en face, en train de nous dessiner. Le moment est plutôt drôle, nous restons assis là jusqu’à ce qu’il change de sujet. Le résultat est probablement l’un des plus jolis portraits que j’ai de moi ! (Bon Tom ne peut pas en dire autant, il semblerait que le jeune dessinateur ne se soit pas attardé sur lui..)
Des MoMo à emporter en poche, nous rentrons à l’hôtel pour nous coucher tôt, demain matin nous avons 5h de bus dans la montagne pour rejoindre Bandipur.
(Petite enquête: vous preferez les photos sous format diaporama ou petite image à agrandir ? Donnez votre avis en commentaire pour les prochains articles ! Merci 🙂 )
JOUR 19/100 – Kathmandu, Népal. Un nom qui me fait rêver depuis que je suis petite.
Je me rappelle des heures passées à jouer à “Tintin au Tibet” sur la Nintendo avec ma soeur, dont un niveau à Kathmandu où Tintin doit éviter des poteries qui se balancent, et des vélos dans tous les sens. (Oui je sais, entre Tintin et Aladdin, mes références ont l’air un peu basiques! J’essaierais de vous sortir des références plus intellectuelles la prochaine fois !)
J’imaginais les petites rues remplies de pouss-pouss, les temples bouddhistes à chaque coin de rue, l’architecture typique avec ces toits en triangle et le bois sculpté…
A vrai dire la premiere remarque que nous nous faisons en nous promenant dans les rues c’est que c’est bien plus propre que l’Inde (il n’y a pas de plastique partout ou beaucoup moins), moins de gens, et 100 fois moins de klaxons !!! Le bonheur pour nos oreilles! Ca ne fait que 24h que nous avons quitté l’Inde, et pourtant ça me semble déjà loin. Chaque nouvelle journée, bien chargée, remplace la précédente. La culture Népalaise ressemble tout de même à sa voisine. Le langage est assez similaire, ce petit mouvement de tête horizontal qui signifie “okay” pour eux et qui signifie “non” pour les occidentaux, les bazars où tout se mélange, la cuisine très similaire aussi, bien que moins pimentée. Finalement, c’est un peu l’Inde, en plus calme, en moins extrême et donc plus reposant.
Remarquez le système électrique au top…!
Arrivés dans le quartier touristique de Thamel, c’est l’équivalent d’être dans une station de ski : les boutiques d’équipement de randonnée côtoient les boutiques de souvenirs, les agences de trek ou les restaurants. Il faut dire que le Népal est à nouveau à la mode, c’est d’ailleurs le paradis du trekking si on aime les longues randonnées où si l’on veut s’essayer à l’ascension des plus hauts sommets du monde. Et c’est tant mieux tant que le tourisme est bien pensé, de façon durable. Car ça reste une source de revenus importante pour la reconstruction du pays.
On s’éloigne de Thamel pour découvrir les rues comme je m’en faisait l’idée (ou presque) avec les marchés, les petits temples Hindous-Bouddhiques, les vieilles bâtisses dont beaucoup sont en reconstruction après le tremblement de terre dévastateur de 2015, ainsi que les bazars, comme en Inde, sauf qu’ici personne ne tente de nous vendre le stand entier…!
Vue sur Kathmandu
La magnifique Swayambhunath Stupa, à l’ouest de la ville.
Nous goutons aussi les Mo:Mo, le snack du Népal. Une sorte de ravioli cuit vapeur aux légumes. Et un délice pour moi, le Sikarni: un yaourt avec de la cannelle et noix de cajou broyées. Miam ! Cependant nous découvrirons plus tard que les Népalais ne mangent que des Dal Bhat midi et soir, ces plateaux composés d’une portion de riz, une petite salade d’épinards, une soupe de lentilles, et un chili de pommes de terre. Ils ne s’en lassent pas. Pour nous, le riz commence un peu à être de trop…
Les délicieux Mo:Mo !
HOLI, Color your life
Holi est la fête des couleurs qui célèbre le Printemps. Au Népal, c’est un jour plus tôt qu’en Inde (personne ne sait pourquoi…) mais le principe est le même : on se réunit en famille, on fait une bataille de poudres colorées suivie de jets de ballons d’eau (histoire que les poudres s’imprègnent bien!!), on danse et c’est la fête !
Logés chez Rabina, une sorte de maison d’hôtes en dehors du quartier touristique de Thamel, nous avons pu profiter de la fête dans sa version familiale, qui nous intéressait bien plus que la version touristique (se regrouper entre étrangers dans un jardin privé en dansant sur de l’électro).
Dès le lever, Rabina nous colore le visage, puis sa fille de 6 ans nous charge d’une mission : nouer les ballons remplis d’eau, ses munitions pour la journée..! Nous y faisons la connaissance d’Hanna, une néerlandaise très chouette qui vit à Eindhoven, et qui voyage également plusieurs mois en Asie, seule.
Nous partons célébrer le Printemps dans les rues de la capitale avec les autres résidents de la maison, et sur le chemin nous voilà attaqués de toutes parts: les passants nous étalent généreusement de la poudre sur le visage et les cheveux, des “Happy Holi” fusent dans tous les sens, tandis que des seaux d’eau sont balancés depuis les toits ! Ces petits futés… Hors de portée, nous ne pouvons riposter, et nous acceptons notre sort avec plaisir. (Surtout Thomas qui arrive à passer entre les gouttes, et qui est tellement grand que les gamins n’atteignent pas son visage pour le colorer…!!)
Des centaines de gens sont regroupés sur la place royale, où ça bouge beaucoup. La journée continuera comme ça jusqu’au milieu d’après-midi, nous arrêtant parfois là où quelques personnes dansent sur des musiques traditionnelles Népalaises, nous faisant à nouveau arroser dès que l’on commence à être secs, Happy Holi et poudres partout !
Népalais et étrangers se regroupent sur les places pour célébrer Holi tous ensemble.
Une bonne douche et une allergie du visage plus tard (merci les poudres chimiques…) nous voici dans le salon de Rabina, à danser tous ensemble sur les musiques traditionnelles : https://www.youtube.com/watch?v=YI79Y61uaTg
Un super moment dont nous nous rappellerons longtemps !
Comprendre l’Inde c’est comme essayer de comprendre pourquoi la vache s’allonge au milieu d’une route au trafic dense alors qu’il y a de l’herbe à côté.
Tout est dit, citation que l’on doit à Thomas ! J’avais écris tout un post sur le bilan de l’Inde, mais je crois que son explication résume à elle seule le pays ! Il est tellement complexe, que c’est difficile de décrire ce qu’on a vécu, de résumer, ou d’en donner une image complète.
Les odeurs d’épices, d’encens, d’égouts et de pots d’échappement mélangés. Les couleurs des saris, les murs décrépis, les vaches sur les routes, les chameaux, cochons et les singes. la quantité de déchets dans les rues et la beauté des monuments mogholes. La pauvreté qui côtoie la richesse. Les paneers masala et les garlic naans. La mixité des gens et des religions. Les bazars qui vendent de tout. La circulation folle comme nulle part ailleurs. Les temples magnifiquement sculptés à côté de bidonvilles. Les locaux qui expliquent leur système, les castes, les religions qui vivent ensemble, le système politique, les gourous adulés. Chaque minute en Inde est une expérience en soi. C’est un fourmillement, un bazar incroyable, plein de contradictions. En 18 jours, nous avons eu peu de temps pour se poser et pour “digérer” ce flot d’informations. Il y a 1000 choses à raconter. Outre les visites touristiques, il y a aussi les discussions avec Suman sur la non-violence, les familles défavorisées qui voient naitre un espoir pour leurs enfants, la prise de pouvoir pour les femmes dans certaines communautés, les rencontres avec ceux qui dirigent les projets, la pollution et le regard des Indiens face au problème des déchets.
Imaginez tout cela ensemble et vous avez 20% de ce qu’est l’Inde.
C’est pour cela que c’est difficile de dire si j’ai aimé l’Inde ou pas. C’est certain que j’ai adoré ces 3 semaines. L’agenda était serré mais les projets suivis ont donné un vrai but à notre étape Indienne, et ils se sont très bien intégrés à la liste des choses que l’on voulait visiter.
C’est bien aussi que l’on ai commencé par le plus intense, car rentrer à Amsterdam juste après l’Inde aurait été très dur.
Certaines personnes m’ont dit vouloir ne jamais visiter ce pays. C’était aussi le pays qui me stressait le plus, et finalement maintenant je trouve que c’est vraiment une expérience à vivre, et je suis vraiment contente d’avoir pu la vivre.
Nous voici maintenant prêts à prendre l’avion en partance de Varanasi pour Katmandu. C’est un sentiment étrange, on a l’impression que les vacances sont finies et que l’on rentre chez nous. Alors qu’il nous reste 82 jours de découvertes et d’aventures ! Nous embarquons avec du retard, et après 1h de vol dans un coucou de Buddha, nous voici au Népal.
Nous passons sans transition d’un pays à l’autre, mais qu’importe, nous reviendrons visiter l’Inde, Calcutta et Darjeeling ou le sud, il y a encore de quoi être surpris par l’Inde.